Kivoud av vaem - Respect des parents

Le Respect des parents – Kiboud Av Vaem

Introduction au Respect des parents – Kiboud Av Vaem

Afin de pouvoir saisir et bien comprendre ce sujet, en guise d’introduction, nous rapporterons les différentes définitions du « kiboud av vaem » données par les Sages à travers l’histoire avant d’étudier plus précisément les halakhot pratiques.   

Dans le traité Kidouchine à la page 31a, la Guémara rapporte une question posée à Oula : Jusqu’où va l’honneur des parents ? Il répondit : Voyez donc ce qu’a fait un non-Juif d’Ashkelon appelé Dama ben Netina : Les sages de l’époque désiraient lui acheter une pierre précieuse (destinée à l’efod : pectoral porté par le Cohen Gadol composé de 12 pierres précieuses) à un prix extrêmement élevé, mais il refusa parce que la clé du coffre se trouvait sous l’oreiller où son père s’était endormi et qu’il ne voulait pas le réveiller. Hachem le récompensa l’année suivante lorsqu’une vache rousse naquit dans son troupeau. Les sages achetèrent la vache au même prix que ce qui été proposé pour la pierre précieuse.

 

Une mitsva rationnelle ?

Il y a un principe essentiel dans la Torah : Afin de tirer l’intégralité du salaire d’une mitsva, il est essentiel d’observer les mitsvot rationnelles (appelées Michpatim, en opposition à ‘Houkim : catégorie de mitsvot que l’homme ne peut comprendre) uniquement par obéissance parce que c’est Hachem qui nous l’ordonne et non parce que la raison le commande.

C’est pour cela qu’il est écrit dans la Parachat Vaet’hanan (où l’on y répète ) : « Honore ton père et ta mère comme te l’a ordonné Hachem ton D.«  : ce qui signifie ne les honore pas parce que ta raison te le commande, mais parce que D. te l’ordonne.

Le devoir d’honorer et de craindre ses parents est une des mitsvot rationnelles de la Torah. Il est dit : « N’est-il donc pas ton père, ton créateur ? N’est-ce donc pas lui qui t’a fait ? qui t’a organisé ?« 

En effet, comme l’écrit le (Chemona Peraquim, chapitre 6) : « Cette mitsva fait partie des mitsvot qui, comme le disent les Sages, auraient dû être instituées si elle n’avaient pas été écrites… ».

Cependant le Midrash Talpiyoth 1 nous explique que bien que cette mitsva soit une mitsva rationnelle qu’on devrait déduire et appliquer naturellement, elle doit être accomplie parce qu’Hachem l’a ordonnée, et non parce que la raison et la nature l’imposent.

Pourquoi la Torah a-t’elle eu besoin de prescrire cette mitsva dite rationnelle ? Une des raisons est que sans cet ordre de la Torah, l’homme obéirait aussi à ses parents s’ils lui disaient de transgresser les lois de la Torah.

 

Comparaison avec Hachem

Nous apprenons d’après Rabbi que l’honneur des parents est précieux « aux yeux » du Créateur puisqu’il compare leur honneur et leur crainte à son honneur et à sa crainte, et leur outrage à son outrage, etc… Comme l’explique le Meïri sur le traité Kidouchine : « Le même châtiment sanctionne l’outrage des parents et l’outrage de D.« 

Le Rambam écrit donc que l’honneur des parents est une importante mitsva positive puisque la Torah la compare à l’honneur et à la crainte d’Hachem, et que tout comme D. a prescrit d’honorer Son nom et de Le vénérer, Il a ordonné à chacun d’honorer ses parents et de les craindre.

Respect des parents - Kivoud Av VaemLes sages disent également qu’il y a trois associés pour la formation d’un enfant : Hachem, le père et la mère. Lorsqu’on respecte ses parents, Hakadoch Baroukh Hou déclare : « C’est comme si je résidais parmi eux et qu’ils M’honorent. » Mais quand on fait de la peine à ses parents, Il déclare : « Bien m’en a pris de ne pas habiter parmi eux ! Si j’habitais avec eux, ils me feraient de la peine ! ».

De plus, le Talmud de Jérusalem, dans le explique que l’honneur des parents a préséance sur l’honneur d’Hachem. […] Rabbi Chim’on bar Yo’hai s’exclame donc : « Grand est l’honneur des parents car Hakadoch Baroukh Hou le préfère à son propre honneur ! »

 

Avoir de la reconnaissance et de la gratitude

Le ‘Hinoukh nous donne une raison au commandement d’honorer ses parents : « L’une des racines de cette mitsva, c’est que l’homme doit avoir de la reconnaissance et de la gratitude envers celui qui lui fait du bien et non se montrer ingrat car c’est un grave défaut qu’Hachem déteste. En acquérant cette qualité envers ses parents, il apprendra aussi à reconnaitre la bonté de D. son créateur […] et disposera son esprit à comprendre avec quel soin il doit le servir ».

Afin de témoigner à ses parents l’honneur qui leur incombe, il est écrit qu’il faut les considérer comme d’importantes personnalités. Grâce à cela, on les honorera en paroles et en actes. En revanche, il est dit de quiconque méprise ses parents en pensée, en parole ou en actes, les contredit, s’assied à leur place, etc… : « Maudit soit celui qui traite son père ou sa mère avec mépris ». (Sefer ‘Harédim)

Le (chapitre 7) dit : « Si un homme honore son père et sa mère, ses l’honoreront lui aussi. Mais s’il traite leur honneur à la légère, il sera lui aussi humilié par ses enfants… »

De plus, le ‘Hayé Adam (Nichmat Adam : règle 16, chapitre 1) rapporte que l’obligation de respecter ses parents découle aussi de celle de rembourser une dette car les enfants doivent rendre à son père ou sa mère les bienfaits qu’ils lui ont prodigués. Un des aspects de ce remboursement est de rendre le profond amour qu’ils leur ont témoigné.

 

Faire la volonté de ses parents

Il est très important pour un fils avisé de comprendre ce que désirent ses parents et de faire leur volonté. Par exemple, si D. lui a accordé des richesses et que son père est démuni, il l’entretiendra et assurera tous ses besoins de bon coeur, avec de douces paroles et beaucoup de respect.

Le (Kidouchine 29a) et le Séfer haYeréim (mitsva 222) écrivent que « la crainte et l’honneur des parents n’ont pas de limites. Plus on s’y applique, plus on est digne de louanges.« 

Il est fréquent que lorsqu’une mère donne un ordre à son enfant, il se rebelle, prétextant que c’est toujours à lui et jamais aux autres qu’elle présente ses requêtes. L’enfant devrait au contraire s’empresser d’obéir à sa mère avec un profond sentiment de joie d’avoir mérité d’accomplir une mitsva si grande et si précieuse qui lui assure une récompense dans ce monde comme dans l’autre.

 

Quelques exemples de Respect des parents

Dans le traité Kidouchine (31b), la Guémara rapporte plusieurs histoires de Sages confrontés au kiboud av vaem :

Lorsque la mère de Rabbi Tarfon désirait monter sur son lit, il lui servait de marchepied ! Quand il s’en félicita au Beth Hamidrach, les Sages lui répondirent : « Tu n’as pas atteint la moitié de ce que demande l’honneur des parents ! » puisqu’il avait précédemment humilié sa mère quand elle jeta une bourse remplie de pièces à la mer.

Rav Yossef lui s’exclamait dès qu’il entendait le bruit des pas de sa mère : « Je vais me lever devant la Chekhina qui arrive ».

Dans la Guémara, traité Berakhot (16a), les sages rapportent que seuls 3 hommes sont nommés Avot (père) : Avraham, Yits’hak et Ya’acov. Pourquoi ? Car ces trois patriarches ont honoré leurs parents de façon magistrale. 

  • Avraham, malgré le fait que son père soit idolâtre, demanda à Hachem, lorsqu’il lui ordonna « Va-t-en de ton pays », « Devrais-je partir et abandonner le kiboud av vaèm ? » C’est pour cette raison que la Torah mentionne la mort de Tera’h, avant le départ d’Avraham.
  • Yits’hak honorait son père au point de lui obéir même lorsqu’il était prêt à le sacrifier pour Hachem.
  • Ya’acov agit contre son gré afin d’obéir à sa mère lorsqu’elle lui demanda de devancer Essav pour obtenir la bénédiction du premier né.

C’est parce qu’ils ont honoré au plus haut point leur parents qu’ils ont eu le privilège d’être appelé Avot par tous leurs descendants. Telle est la juste rétribution : celui qui honore ses parents, mérite que ses enfants l’honorent à son tour.

 

Le respect des parents allonge la vie !

Le Cha’arei Aharon (Chemoth 20,12) nous explique en quoi la longévité est une juste rétribution du respect des parents. Dans la parachat Toledoth, il est dit à propos des épouses de ‘Essav (filles de ‘Heth) : « Elles furent une amère affliction pour Yits’hak et pour Rivka ». C’est la raison pour laquelle Rivka dit à son mari Yits’hak : « Si Ya’acov prend une épouse parmi les filles de ‘Heth … à quoi bon vivre ? » Cela nous montre que lorsque les enfants refusent d’obéir, la vie n’a plus de valeur pour les parents.

En revanche, en respectant leur volonté, ils les honorent et cela leur donne le goût à la vie. C’est pourquoi D. rétribue les enfants selon leurs actes et leur ajoute également des années de vie.

 

Définition

Il est écrit dans la Torah (Chemot 20, 12) : « Tu honoreras ton père et ta mère ». C’est donc une mitsva positive de la Torah (comme nous l’avons vu dans l’introduction).

Les dix commandements sont inscrits sur 2 tables, cinq commandements sur chacune. La première contient les lois concernant les rapports de l’homme avec Hachem et la seconde, les lois concernant les relations entre l’homme et son prochain. Or, le respect des parents figure sur la première table. Cela souligne l’importance que D. donne à l’honneur qu’Il veut nous voir accorder à nos parents. (‘Houmach Artscroll, Parachat Yithro)

Nos Sages enseignent qu’il y a 3 associés dans la creation de l’homme : Hachem, le père et la mère. Ainsi, du faite que la mitsva d’honorer ses parents est « classé » dans la partie des mitsvot envers Hachem, il faut faire très attention à l’honneur et à la crainte de ses parents car ils sont assimilés à l’honneur et à la crainte d’Hachem.

Toutes les règles concernant le respect des parents sont valables envers son père comme sa mère et il n’y a aucune différence à faire entre ses 2 parents.

Etant très importante, la mitsva de kiboud av vaem n’a pas de limite et celui qui multiplie les signes d’honneur vis à vis de ses parents est digne d’éloge, s’assure la longévité dans ce monde et dans l’autre, ainsi que la richesse et la réussite dans tous les domaines. Il méritera également que ses enfants l’honorent jusqu’à la fin de ses jours.

Chacun a l’obligation chaque année, d’étudier à nouveau les halakhot sur le kiboud av vaem, même si on les connait déjà, en raison de l’importance et de la gravité de cette mitsva.

Celui qui n’a plus de père ou de mère, has vechalom, observera la mitsva de kiboud av vaem en honorant leur mémoire. Il s’efforcera également d’honorer les personnes âgées, les érudits en Torah ou un aîné de la même façon qu’il aurait dû honorer ses parents. Ce sera comme si il les avait, d’une certaine manière, honorés.

Avant de réaliser une mitsva (porter les tsitsit, mettre les tephiline, fixer une mezouza, etc.), on a l’habitude de bénir Hachem par une berakhaMais pour différentes raisons, on ne récite pas de bénédiction avant de réaliser la mitsva de kiboud av vaem : les sages n’ont pas institué de berakha sur une mitsva dite rationnelle, ni sur les mitsvot vis à vis de son prochain, ni sur une mitsva dont on est astreint en permanence (sans interruption), etc…

En général, pour les mitsvot de l’homme envers Hashem, il est nécessaire d’avoir l’intention de réaliser la mitsva (kavana) pour être vraiment acquitté de la mitsva. Certains disent qu’il en est de même pour le kiboud av vaem, parce que cette mitsva est à la fois une mitsva vis-à-vis d’autrui (qui ne nécessite donc pas de kavana) et vis-à-vis d’hachem d’où la nécessité d’avoir la kavana de respecter ses parents. Il faudra donc penser lorsqu’on sert ses parents : « je respecte mes parents avec l’intention de faire cette mitsva de kiboud av vaem ».

 

Le respect des parents : en parole, en pensée et en acte

Le respect des parents se décompose en 3 parties : acte, parole et pensée.

En acte

Cela consiste à leur donner à manger, à les habiller, à se promener avec eux. De plus, le fils à l’obligation de les servir ou de veiller à les faire servir.

Malgré qu’il soit interdit de saluer quelqu’un avant la prière du matin, si on rencontre son père avant la prière, le fils pourra lui dire bonjour. De même, si ses parents voyagent à l’heure de la prière du matin, le fils devra les accompagner ou aller les accueillir à l’aéroport avant de faire sa prière car ce serait les humilier que de s’en abstenir.

En pensée

Le respect des parents en pensée consiste à ne pas mépriser ses parents dans son cœur et les honorer en apparence. On doit les considérer comme des personnes importantes, même s’ils ne le sont pas pour les autres. C’est l’essentiel de l’honneur des parents.

En parole

En parole, respecter ses parents c’est leur parler calmement, avec douceur et humilité. En revanche, Il n’est pas nécessaire de les vouvoyer.

Si on est amené à s’occuper de ses parents (qu’on les nourrit, les entretient, …), il est nécessaire de le faire avec joie et affabilité via des paroles douces et prévenantes pour ne pas perdre le salaire de la mitsva.

Un fils doit faire attention de ne pas prendre la parole devant son père, à moins que son père ne l’y ait autorisé. On ne doit pas non plus interrompre ses parents.

 

Se lever devant ses parents

Par respect pour ses parents, un fils à l’obligation de se lever dès qu’il les aperçoit. On doit se mettre entièrement debout et ne pas se rassoir jusqu’à ce que ses parents s’asseyent ou ne soient plus visibles. Le fait de se lever devant ses parents est une importante marque d’honneur. Cette obligation est valable à la maison, à la synagogue ou dans tout lieu public.

Tout comme on se lève devant ses parents, il faudra également se lever devant son Rav.

De plus, on a l’obligation de se lever à chaque fois que son père, sa mère ou son rav, rentre dans la pièce, même si c’est 100 fois dans la journée.

Les parents ou le Rav peuvent, s’ils le souhaitent, renoncer à cet honneur. Par exemple, si le fils commence à se lever devant son père (ou sa mère) mais que ce dernier lui fait signe de rester assis, le fils ne devra pas insister car l’honneur de son père consiste aussi à respecter sa volonté. Il faut cependant préciser qu’il est préférable que les parents y renoncent de temps en temps plutôt que totalement afin d’éviter que leur fils n’en arrive à traiter à la légère l’honneur des parents. Le fils peut également demander à ses parents de l’excuser afin de s’abstenir de se lever devant eux partiellement ou totalement. Dans ce cas, il faudra que les parents répondent explicitement à cette requête, sans quoi, le fils devra continuer à se lever. Cependant si les parents ont permis au fils de ne pas se lever devant eux mais qu’ils sont accompagnés par d’autres personnes n’étant pas au courant de cet arrangement, le fils devra malgré tout se lever devant son père.

Lors d’un office, quand le père est appelé à la Torah, d’après la stricte halakha, les enfants devront rester debout jusqu’à ce que le père arrive devant le Sefer Torah. Puis ils se lèveront de nouveau quand il regagnera sa place. Mais nous avons la coutume de rester debout durant toute la Alyah (lecture de la montée dans la Torah).

 

Craindre ses parents

Que signifie craindre ses parents ?

Il est écrit dans la Torah « Vous craindrez, chacun, votre mère et votre père » (Vayikra 19, 3). Hachem a précisé la crainte de la mère avant celle du père car Hachem sait qu’un fils craint davantage son père que sa mère.

Que signifie craindre ses parents ? Dans un second verset, il est écrit : « Tu craindras Hachem, ton D. et c’est lui que tu serviras ». Le parallèle entre ces 2 versets nous apprend que la Torah met sur un pied d’égalité la crainte des parents avec celle d’Hachem. Il faut donc considérer ses parents comme des personnes très importantes qu’on craint et qu’on a peur d’agacer.

 

Comment manifester de la crainte pour ses parents ?

En ne s’asseyant à leur place, par exemple, à la maison, au bureau ou à la synagogue. L’interdiction est précisément de s’y assoir. On pourra donc s’y tenir debout ou même grimper sur la chaise pour atteindre un objet placé en hauteur.

Après le décès de son père, le fils pourra s’asseoir à sa place, à la maison ou à la synagogue. C’est un honneur pour le père que le fils occupe sa place après son décès comme il est dit : « Tes fils remplaceront tes ancêtres » (Tehilim 45-17).

Lorsque les parents sont absents, il est interdit de dormir dans leur lit. Même s’y asseoir est un problème. Il faudra donc que les parents nous invitent expressément ou nous autorisent à nous y asseoir en leur absence.

Lorsqu’on invite ses parents pour Chabbat, il convient de placer son père en tête de table afin de l’honorer. On lui donnera l’honneur de réciter le Kiddoush. Concernant le Motsi, certaines opinions disent que c’est au maître de maison de rompre le pain mais aujourd’hui on ne s’en soucie plus et on donnera également cet honneur à son père.

 

Contredire ou Approuver les paroles de ses parents

L’interdiction de contredire ses parents et à l’inverse d’approuver leurs paroles, relève de la crainte des parents. En effet, on leur manquerait de respect en montrant qu’on est plus apte qu’eux à décider de la justesse de leurs propos. En revanche, dire lorsque son père n’est pas présent : « ce que dit mon père me semble plus juste que ce que vous dites.. » n’est pas décider de la justesse des paroles de son père mais au contraire l’honorer.

Cette interdiction n’est effective que dans le domaine profane. Dans le domaine de la Torah ou de la halakha, on a le droit de contester l’opinion de son père ou de suivre une opinion contraire. En revanche, il faudra, avant, s’assurer de la solidité de ses sources et s’exprimer respectueusement.

 

Jusqu’où doit aller la crainte des parents ?

Voici l’exemple que donne la Guemara pour illustrer jusqu’où va l’obligation de Kiboud ad vaem : Si le fils est en train de présider une grande assemblée et que sa mère et son père arrivent, lui déchirent ses vêtements, le frappent à la tête et lui crachent au visage, le fils n’a pas le droit de les humilier. Il doit garder le silence, ne pas médire sur leur compte et craindre Hachem qui en a décidé ainsi.

Si le père ou la mère ont envie de servir leur fils, il doit les laisser faire pour respecter leur volonté. En revanche, il ne doit pas leur demander explicitement de le servir. Par exemple, au cours du repas, il ne faut pas demander à ses parents de nous passer quelque chose même en s’excusant (ex : « excuse-moi Maman, peux-tu me donner le sel, s’il te plaît? ») et encore moins le leur imposer en utilisant l’impératif (ex:  « donne-moi le sel s’il te plait papa »). Cependant contrairement à la 2e formulation, qui est strictement interdite, la première peut être autorisée, à condition de bien s’excuser, car de nos jours, nous avons l’habitude de demander respectueusement quelque chose qui se trouve à table à ses parents qui le comprennent et donc ‘ »pardonnent« . Néanmoins, il est préférable de dire « où est le sel ? » plutôt que de leur demander explicitement de le passer.

Comme nous l’avons vu dans l’introduction, Il est interdit de réveiller ses parents même s’il en résulte pour eux une perte d’argentIl faudra donc veiller à ne pas faire de bruit lorsque ses parent dorment. En revanche, on peut réveiller son père s’il nous l’a demandé explicitement ou si on sait que son père serait heureux d’être réveillé afin d’accomplir une mitsva par exemple (Chema, tefila, etc.).

 

Qui est astreint au respect des parents ?

Aussi bien le fils que la fille sont astreints à l’obligation de respecter, d’honorer et de craindre ses parents. Une femme divorcée ou veuve est à nouveau soumise à cette obligation.

Un homme marié, père de famille, et même d’un âge respectable, est soumis à l’obligation d’honorer et de craindre ses parents.

Une femme, même après son mariage, doit se lever devant ses parents. En revanche, une femme mariée, étant dès le mariage « exclusivement liée » à son mari et veillant à s’occuper de lui, est dispensée de s’occuper de ses parents. Mais, si cela ne dérange pas son mari, elle doit s’efforcer de respecter cette mitsva dans tous les détails. Il convient d’ailleurs que chaque mari recommande à son épouse de veiller aux besoins de ses parents. 

Lorsqu’une femme mariée rend visite à ses parents ou lorsque son mari est en déplacement, l’épouse a l’obligation de respecter, d’honorer et de craindre ses parents car elle en est dispensée uniquement lorsqu’elle doit s’occuper de son mari. Si le père a besoin de sa fille, il doit dans la mesure du possible éviter de lui demander son aide lorsqu’elle se consacre à ses devoirs d’épouse.

Il convient d’habituer les enfants, le plus tôt possible, à honorer correctement leurs parents. De plus, afin d’éduquer les enfants, les parents ne devront pas renoncer à leur respect.

Un fils ou une fille adoptif(ve) n’est pas soumis(e) aux règles de kiboud av vaem proprement dites vis-à-vis de ses parents adoptifs mais il (elle) doit leur témoigner du respect par reconnaissance.

 

Quelques cas spécifiques

Le cas de parents « compliqués »

Le devoir d’honorer ses parents s’applique aussi aux parents difficiles, accaparants, qui importunent leur enfants par toutes sortes d’exigences ou de revendications.

 

Le cas de parents non pratiquants

Des enfants pratiquants ayant des parents qui n’observent pas les mitsvot et profanent publiquement Chabbat ont tout de même l’obligation de les honorer et de les respecter !

Si des parents non-observants des mitsvot et n’ayant pas l’habitude de réciter les bénédictions sur les aliments, demandent à leur enfant de leur servir un aliment ou une boisson permis et que celui-ci n’a pas réussi à les convaincre de réciter la bénédiction avant la consommation, il les servira malgré tout en espérant que sa conduite polie, délicate et respectueuse les rapprochera peu à peu de la Torah.

Mais dans le cas où l’aliment en question est interdit, le fils ne doit pas les servir car c’est comme si ses parents lui disaient de transgresser une loi de la Torah.

 

A qui la priorité ?

Si le père et la mère ordonnent au fils de faire une certaine chose en même temps, le fils devra donner la préséance à son père car d’après la halakha l’honneur de la mère est « cédé » à son mari. Dès qu’il a terminé, il devra s’empresser de servir sa mère avec beaucoup de respect.

Dans le cas de parents divorcés , l’honneur des deux parents étant égal, le fils s’occupera de celui qu’il veut en premier.

En revanche, le père n’a préséance que pour « l’honneur » c’est à dire que si les parents demandent en même temps au fils de la nourriture ou des vêtements et que malheureusement ce dernier n’a suffisamment d’argent que pour un, il doit d’abord s’occuper de sa mère.

 

Respect des parents & Chalom Baït

Dans le cas où le respect des parents entraîne (à D. ne plaise) une tension entre un homme et sa femme et donc risque d’affecter le Chalom Bait (la paix du foyer), la personne concernée essaiera d’accomplir la mitsva de kiboud av vaem à travers un intermédiaire. Mais si elle ne trouve personne alors elle en sera dispensée.

Il est évident qu’avant d’en arriver à un tel extrême, le couple devra longuement s’entretenir sur l’importance du kiboud av vaem et consulter une autorité religieuse compétente.

 

Respect des parents & Etude de la Torah

Si le père demande à son fils de l’aider pour un certain travail pendant que le fils étudie la Torah, ce dernier devra provisoirement laisser l’étude de la Torah et aider son père. Il en est de même si son père ne lui demande pas mais que le fils voit qu’il a besoin d’aide.

 

Empêcher ses parents de fauter

Si le fils ou la fille voit un de ses parents transgresser un interdit de la Torah ou même un interdit d’ordre rabbinique, il ne doit pas lui dire ouvertement « Tu as transgressé un interdit de la Torah, etc. » mais il doit plutôt lui dire par exemple : « Papa, il est écrit dans la Torah telle et telle chose…« . Ainsi le père aura l’impression que son fils lui pose une question et comprendra par lui-même au lieu de se sentir embarrassé comme si son fils l’avait mit en garde. Mais si le père n’est pas expert en Torah et qu’il ne comprend pas l’allusion faite, alors il faudra lui expliquer sa faute comme s’il lui racontait une histoire : « Une fois, une certaine personne a fait telle ou telle chose et un Rabbin lui a dit que ce n’était pas permis, etc…« 

Dans un cas où le père transgresse intentionnellement un commandement, le fils n’a pas besoin de lui dire que c’est interdit sauf s’il y a des chances que son père accepte une remarque faite avec beaucoup de respect.

Si un enfant entend ses parents tenir des propos médisant (du lashon hara), il n’a pas le droit de les croire et doit, de plus, les empêcher de les dire. Il faut veiller cependant à le faire avec tout le respect qu’il leur doit en leur posant par exemple donc la question « N’y a-t-il pas un risque que cela soit de la médisance ?« .

 

Quand ne pas respecter ses parents

Il est interdit d’accomplir une mitsva si, pour ce faire, il faut transgresser la torah. Par exemple, on ne pourra pas construire le toit de sa soucca en se servant de branches de palmiers coupées d’un champs privé sans l’autorisation de son propriétaire car ce serait considéré comme du vol. De la même manière, si l’occasion se présente d’honorer ses parents mais que cela oblige à transgresser une interdiction halakhique (même d’ordre rabbinique), on n’a pas le droit d’accomplir cette mitsva.

Si le père est souffrant et demande à ses enfants de lui servir des aliments ou des boissons pouvant nuire à sa santé, il est évident que le fils ne doit pas lui obéir d’autant plus si cela risque d’entraîner des complications et donc de mettre son père en danger. 

 

Honorer les autres proches parents ?

La femme du père ou le mari de la mère

Dans le cas de parents divorcés, on a l’obligation d’honorer la nouvelle femme de son père ou le nouveau mari de sa mère tant que sa mère ou son père sont en vie. Après leur décès, nous n’avons plus cette obligation mais il est bien de continuer.

 

Le cas du frère ou de la soeur aîné(e)

On a l’obligation d’honorer un frère ou une soeur plus âgé(e). Dans le cas de jumeaux, celui sorti en dernier doit également respecter celui qui est sorti en premier.

En revanche, on a pas besoin d’honorer un frère aîné comme ses parents : on pourra l’appeler par son prénom, le contredire, s’assoir à sa place, etc. mais on ne doit pas le mépriser en paroles et on doit se lever lorsqu’il est appelé à la Torah, etc.

 

Le cas des beaux-parents

On a l’obligation d’honorer ses beaux-parents et de se lever devant eux lorsqu’ils arrivent à proximité de nous, de la même façon que l’on honore des personnes distinguées d’un certain âge, mais on n’a pas l’obligation de les honorer comme des parents.

Il est correct et convenable de ne pas appeler les beaux-parents par leur prénom, puis qu’on ne le fait pas non plus pour des personnes distinguées d’un certain âge.

Un gendre doit se conduire avec respect envers ses beaux-parents et s’adresser ploiement à eux, meme si ceux-ci l’importunent, comme nous le montre l’exemple du roi David, que le roi Chaoul poursuivait de sa haine et qui le traitait malgré tout avec respect et l’appelait « mon père ».

Une femme a également l’obligation d’honorer ses beaux-parents. Cette obligation est plus grande que celle du mari, envers ses beaux-parents, car c’est un honneur pour son mari, dont elle a l’obligation d’honorer.

 

 

Sources : Talmud de Jérusalem :  traité Kidouchine chapitre 1, halakha 7 / Talmud de Bavel : 16a – traité Kidouchine 29a, 31b / Midrash Talpiyoth 1, art. av vaèm / Mekhilta (Yithro, paracha 8) -p.49 / Rambam : Chemona Peraquim, chapitre 6 – Hilkhoth Mamrim, chap 6, halakha 1 / Méïri sur Kidouchine 29a / Choulkhan Aroukh Yoré Dé’a siman 240, ש״ע יו״ד סימן ר״מ / Séfer haYeréim, mitsva 222 / ‘Hinoukh : Kiboud av vaem – mitsva 33 / Séfer ‘Harédim chap. 1 des mitsvot dépendant du coeur, 34 / ‘Hayé Adam : Nichmat Adam : règle 16, chapitre 1 / Matok Midevach, chapitre 7 / Yalqout Yossef : Kiboud Av Vaem

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  44. Elhanan   •  

    Merci pour tout, et particulièrement pour « le respect des parents ». Puis-je vous suggérer dans la même idée sur la « bonne conduite », ce que nous appelons en français la politesse…, mais dans l’esprit de la Torah. BeAtslaha

  45. Moshé | LaQuoti Halakhique   •     Auteur

    Excellente idée Elhanan ! la liste des sujets à traiter est déjà longue mais on rajoute votre suggestion. Chavou’a Tov

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