lachon hara halakhot application pratiques

Lois de Rekhilout – Lachon Hara

LOIS DE REKHILOUT (suite du Lachon Hara)

Première Partie

23 Av

1/ Celui qui calomnie son prochain transgresse l’interdit : « Tu n’iras point colportant ». C’est un grave péché qui cause la mort de Juifs.

2/ Le « colporteur » est celui qui rapporte à son prochain ce qu’untel a dit à son propos ou ce qu’il lui a fait, même si ces propos ne sont pas véritablement péjoratifs et même si l’individu en question n’aurait pas nié les faits.

3/ Il n’a pas le droit de raconter à Réouven que Chim’one a agi contre lui ou a parlé sur lui, même s’il n’a pas l’intention de susciter de la haine entre eux. Même s’il pense que Chim’one a agi correctement, s’il estime que ce récit entraînera de la haine, c’est de la rekhilout.

24 Av

4/ L’interdit de rekhilout porte également sur des propos qui sont vrais.

Celui qui dit de la rekhilout est détestable aux yeux de D. et ce, même si les deux personnes en question se haïssaient déjà et encore plus si la haine a été engendrée par la rekhilout.

5/ Il est interdit de dire de la rekhilout  tant de sa propre initiative que sous l’effet de la pression, même si son père ou son maître insiste auprès de lui. Il est également interdit de dire « de la poussière de rekhilout ».

25 Av

6/ Il n’a pas le droit de dire de la rekhilout même s’il sera licencié de son travail et n’aura pas de quoi subvenir aux besoins de sa famille, à l’instar de tous les commandements négatifs que l’homme n’a pas le droit de transgresser même s’il perd tout son argent.

7/ Il est évident que s’il va seulement essuyer des insultes, il n’aura pas le droit de dire de rekhilout.

26 Av

8/ Si son ami lui demande ce qu’untel a dit à son propos, il devra s’esquiver sans mentir ni colporter. Et s’il ne peut pas, il est préférable qu’il mente plutôt qu’il ne colporte. Mais il ne prêtera jamais de faux serment, D. préserve.

9/ L’interdit de rekhilout s’applique même lorsqu’il ne révèle pas à la personne le nom de celui qui a parlé sur elle si elle va le comprendre par elle-même. De même, si la personne sait ce qui a été dit sur elle mais qu’elle ne connaît pas l’auteur des propos, il est interdit de lui révéler son identité ni de lui en faire une allusion.

27 Av

10/ Il est interdit de dire de la rekhilout « en trompant », comme dans le cas suivant. Réouven sait ce que Chim’one a dit sur lui et ils se sont disputés à ce propos. Il est interdit de soulever le sujet en toute innocence en présence de Réouven dans le but de provoquer une dispute, même sans mentionner le nom de Chim’one.

11/ L’interdit de rekhilout s’applique tant à l’oral qu’à l’écrit.

De même, il est défendu de raconter à son prochain qu’un tiers l’a méprisé ou a méprisé sa marchandise car cela introduit la haine dans son cœur.

Deuxième Partie

28 Av

1/ Il est interdit de dire de la rekhilout à une personne et plus encore à un ensemble de personnes.

2/ Il est interdit de dire même de « la poussière de rekhilout » [ainsi qu’il sera expliqué plus loin au point numéro 8).

S’il a entendu des propos qui prêtent à équivoque, il lui est interdit de les rapporter en laissant entendre que l’intention de celui qui les a dits était péjorative. S’il estime que l’auditeur interprétera la chose de manière péjorative, il s’agit par exemple d’une personne grognon ou parce qu’ils sont fâchés, il est interdit de lui rapporter les faits même s’il laisse davantage entendre une interprétation favorable, car il est certain qu’il le jugera négativement.

29 Av

3/ Certains sont d’avis qu’une chose dite en présence de trois personnes ne contient pas de rekhilout  mais en pratique, il ne faut pas s’appuyer sur cette opinion. Même s’il raconte les faits à une autre personne,  si son intention est que la chose parvienne à la personne en question, c’est interdit.

4/ Il est interdit de raconter à un individu que son associé projetait à un moment de le quitter. De même, il est interdit de raconter aux futurs beaux-parents que le jeune homme voulait rompre le chiddoukh (proposition de mariage), etc. Cet interdit s’applique même si la chose a déjà été dite en présence de trois personnes car il est certain qu’ils se mettront en colère contre lui et il subira peut-être aussi du tort ou de la peine. Cela constitue également du lachon hara

Troisième Partie

30 Av

1/ Il est interdit de dire de la rekhilout même si les propos sont vrais et même s’il les aurait tenus en présence de la personne. S’il parle effectivement en présence de la personne, l’interdit transgressé est encore plus grand car il introduit une haine considérable dans le cœur de l’auditeur qui y croira entièrement. De plus, cela mène à la transgression de plusieurs péchés.

1 Eloul

2/ Si Lévi a raconté à Chim’one que Réouven a parlé de lui, Chim’one n’a pas le droit de rapporter à Réouven les propos de Lévi, car cela constitue de la rekhilout à propos de Lévi. Et même s’il ne mentionne pas de nom, cela reste interdit si Réouven peut comprendre qu’il s’agit de Lévi.

3/ Il n’a pas le droit de rapporter de la rekhilout même à d’autres personnes, car les propos finiront par arriver aux oreilles de la personne en question. Et à fortiori ne doit-il pas raconter à une personne ce qui a été dit sur ses enfants ou ses proches car il est naturel pour une personne d’en être peinée. Ces propos constituent de la véritable rekhilout.

4/ Les lois concernant la rekhilout dite dans un but constructif sont rapportées plus haut, dans les lois de lachon hara (dixième partie, 6).

Quatrième Partie

2 Eloul

1/ L’interdit de rekhilout  s’applique même si l’auditeur sait déjà ce qu’untel a dit à son propos mais qu’il n’a pas saisi le caractère péjoratif des propos et que le locuteur lui en donne une interprétation péjorative.

2/ Si deux personnes ont entendu du lachon hara et que l’une d’elles se rend coupable de rekhilout et rapporte les propos à la personne sur laquelle elles ont parlé, la seconde n’a pas le droit de les répéter à son tour à la personne visée car elle renforce ou éveille ainsi la haine.

3/ S’il s’est rendu coupable de rekhilout et qu’il désire faire téchouva, il demandera pardon à la personne en question et s’excusera. Il regrettera, avouera sa faute (vidouî) et s’engagera à ne plus la recommencer.

Cinquième Partie

3 Eloul

1/ C’est un interdit de la Torah de croire à de la rekhilout  et il est plus grave d’accepter de la rekhilout que d’en dire.

2/ S’il entend de la rekhilout et voit que cela pourra lui servir par la suite, il a le droit d’écouter et de prendre ses précautions. Mais il n’a pas le droit de croire ni d’accepter entièrement les faits.

4 Eloul

3/ S’il voit chez son prochain des signes indiquant que celui-ci a l’intention de lui nuire, il a le droit de s’enquérir auprès d’autres si ses soupçons sont fondés.

4/ Même lorsqu’il est permis d’entendre de la rekhilout, il peut seulement se méfier et prendre ses précautions pour ne pas subir de tort, mais il n’a pas le droit d’y croire entièrement. Il n’a pas non plus le droit de nuire à la personne en question ni même de refuser de lui rendre un service qu’il y a lieu de rendre à n’importe quel Juif.

5 Eloul

5/ Il doit veiller à ne pas s’enquérir de ce qu’untel a dit sur lui etc. car il cause ainsi aux gens de dire de la rekhilout et lui-même transgresse aussi cet interdit ainsi que, généralement, de nombreux autres.

Il a le droit de s’enquérir et de prendre ses précautions pour se protéger d’une personne seulement lorsqu’il est sûr que ce sera constructif. Toutefois, il ne devra pas accorder entièrement crédit à ce qu’il aura entendu.

6 Eloul

6/ S’il entend de la rekhilout sur son prochain c’est-à-dire que son prochain a parlé ou a agi contre lui, même si les faits sont avérés mais qu’il a la possibilité de le juger favorablement et que la balance ne penche pas dans un sens plus que dans un autre, et qu’il le juge négativement, il transgresse l’interdit d’accepter de la rekhilout.

7/ S’il a accepté de la rekhilout et désire faire téchouva, il retirera les propos de son cœur afin de ne pas y croire. S’il lui est difficile de considérer que tout est mensonge, il se dira que le locuteur a modifié des détails mineurs et qu’en conséquence, le récit a pris une tournure négative. Egalement, il regrettera, avouera sa faute (vidouï) et s’engagera à ne plus recommencer.

Sixième Partie

7 Eloul

1/ Il est interdit de croire de la rekhilout, même si les propos ont été rapportés en présence de nombreuses personnes ou qu’ils ont été diffusés au grand public.

2/ Même si les propos ont été dits en présence de la personne concernée et qu’elle s’est tue, il n’a pas le droit d’y croire et ce, même dans le cas où il s’agit d’une personne qui a l’habitude de réagir.

Il est interdit de croire à de la rekhilout même lorsque le locuteur affirme qu’il n’est pas coupable de rekhilout vu que son but est constructif et encore moins si d’après ses propres dires, il transgresse cet interdit

8 Eloul

3/ S’il a subi un préjudice dans ses affaires, il a été par exemple licencié de son travail ou autre, il n’a pas le droit de soupçonner qu’un Juif l’a dénoncé suite à quoi, il a été licencié. Même si on lui rapporte qu’une certaine personne l’a dénoncé, il a seulement le droit de douter des propos mais pas d’y croire de manière certaine.

4/ Il n’a pas le droit de croire à la rekhilout même s’il a entendu la chose de deux personnes ni même si un bruit a couru dans la ville à ce propos. Il a seulement le droit de se méfier.

9 Eloul

5/ Même s’il entend de la rekhilout de son ami qu’il considère fiable comme deux témoins, il n’est pas autorisé à y croire. Mais si ce sera pertinent dans l’avenir, il aura le droit d’y croire mais il ne pourra pas raconter les faits à d’autres, ni nuire à la personne en question.

6/ Cela n’est valable que lorsque celui qui raconte est tout le temps fiable à ses yeux comme deux témoins.

7/ De nos jours, il n’existe pas de personne qui soit fiable aux yeux de son prochain comme deux témoins. C’est pourquoi, il est interdit de croire au lachon hara ou à larekhilout [rapportés dans un but constructif] même s’ils sont prononcés par un parent ou un conjoint. Il est seulement permis de se méfier.

10 Eloul

8/ Il est interdit d’accepter de la rekhilout même si le locuteur raconte les faits en toute innocence.

9/ S’il entend de la rekhilout  et qu’il constate des « signes indicateurs » prouvant la véracité des faits, il a le droit d’y croire aux conditions suivantes :

  1. Il n’est pas possible de juger favorablement.
  2. Le signe est parfaitement clair.
  3. Il a vu de ses propres yeux ces « signes indicateurs ».
  4. Cela lui servira dans l’avenir [car autrement, il n’aurait pas du tout le droit d’écouter].
  5. Il croira seulement dans son cœur mais ne racontera pas les faits à d’autres ni ne fera de mal à la personne en question.

10/ S’il a subi un préjudice dans son travail à cause d’une dénonciation et que des « signes indicateurs » viennent accuser une certaine personne, il lui est interdit de la dénoncer à son tour. Mais cela est permis si :

  1. Il bénéficiera du fait que la personne en question cessera de calomnier sur lui.
  2. Il n’y a pas d’autre moyen de l’empêcher de calomnier.
  3. Il a constaté par lui-même qu’il l’a dénoncé. Les signes indicateurs ne suffisent pas et il devra encore moins compter sur d’autres à ce propos.

Septième Partie

11 Eloul

1/ Il est interdit de dire de la rekhilout, pas même à son père ou à sa mère, ni même à son maître. Il est interdit de leur rapporter ce que d’autres ont dit à leur propos.

De même, il est interdit de dire de la rekhilout tant sur un homme que sur une femme, sur un adulte que un enfant.

Par conséquent, s’il voit deux jeunes se disputer, il n’a pas le droit de rapporter au père de l’un ce que le second lui a fait. Et celui qui le fait cause un grand différend.

12 Eloul

2/ Il est interdit de dire de la rekhilout même sur un ignorant et à plus forte raison sur un sage en Torah. Et ce, pour plusieurs raisons:

  1. Un sage en Torah se conduit généralement en conformité avec la halakha (loi) et il s’agit par conséquent derekhilout mensongère qui est plus grave.
  2. A cause de la rekhilout, les gens s’éloignent des sages en Torah, ce qui est contraire au désir de la Torah.
  3. Les gens sont davantage blessés et se mettent plus en colère lorsqu’ils entendent qu’un sage en Torah les a réprimandés ou leur a causé du tort et cela éveille une plus grande haine.

13 Eloul

3/ Il est interdit de dire de la rekhilout à la personne contre laquelle on a parlé ou agi ainsi qu’aux proches de celle-ci, et ce, même s’il les met en garde de ne pas répéter, car ils se mettront en colère contre celui qui a dit du mal de leur proche. C’est là de la véritable rekhilout.

4/ Il est interdit de dire de la rekhilout sur un Juif à un autre Juif ou à un non Juif. Ce deuxième cas de figure est encore plus grave car il est plus fréquent, dans un tel cas, que la personne en subisse du tort ou de la peine.

14 Eloul

5/ L’interdit d’accepter de la rekhilout est semblable à celui d’accepter du lachon hara. C’est pourquoi, il faut faire attention de ne pas accepter de rekhilout même entre conjoints. Et surtout, si des conjoints acceptent de la rekhilout l’un de l’autre, ils s’habitueront à échanger tout le temps ce genre de propos et cela ne leur causera que peine, colère et disputes.

Huitième Partie

15 Eloul

1/ Il est interdit de dire de « la poussière de rekhilout », comme par exemple de raconter à Réouven que Chim’one lui a fait une allusion qu’il avait des propos diffamatoires à rapporter sur lui (Réouven) et qu’il ne l’a pas fait.

2/ Il n’a pas le droit de louer une personne en présence de son ami si celui-ci va se mettre en colère contre elle. C’est de la « poussière de rekhilout ». Ainsi, il ne faudra pas louer Réouven en présence de son associé Chim’one pour avoir accordé un prêt ou fait un don. Celui-ci pensera que Réouven gaspille trop l’argent commun.

3/ S’il demande un service à quelqu’un et que celui-ci refuse, il ne devra pas lui dire : « Pourquoi as-tu rendu ce service à untel ? Lui-même me l’a dit ! » car l’auditeur se mettra en colère contre celui qui lui a raconté cela.

16 Eloul

4/ Il n’a pas le droit de rapporter à son prochain ce qu’untel a dit sur lui, même si ce n’est pas véritablement diffamatoire mais que les gens tiennent généralement rigueur de ce genre de propos. Tout comme la Torah a modifié les propos de notre matriarche Sarah de : « Et mon époux est un vieillard » à « âgée que je suis », bien que ses propos n’avaient pas de caractère diffamatoire, car en général, les gens ont tendance à ne pas apprécier que l’on parle ainsi d’eux.

5/ Si son prochain lui confie une information confidentielle, il a l’obligation de la garder secrète. Même s’il ne se rend pas coupable de rekhilout en la dévoilant, il ne doit pas aller à l’encontre de la volonté de son ami qui désirait que la chose demeure secrète.

Neuvième Partie

17 Eloul

1/ S’il voit que son ami désire s’associer avec une personne et qu’il estime que cela lui causera du tort de manière certaine, il aura le droit de lui en faire part afin de lui éviter une perte, aux conditions suivantes.

2/ Voici les conditions :

  1. Il doit s’assurer que ça lui causera véritablement du tort.
  2. Il ne rendra pas la situation plus grave qu’elle ne l’est.
  3. Son intention sera constructive [et il veillera que ses propos atteindront effectivement leur objectif, que son ami suivra son conseil et qu’il n’ira pas les répéter à la personne en question.]
  4. Il ne peut parvenir à ses fins sans raconter.
  5. Il ne causera pas de mal à la personne en question mais le privera seulement des avantages de l’association.

18 Eloul

3/ S’il entend d’une personne qu’elle  a l’intention de frapper son prochain ou de lui nuire, il a le droit de lui en faire part afin qu’il prenne ses précautions, mais seulement si les conditions citées plus haut sont remplies [1. Il est certain des faits. 2. Il n’exagère pas. 3. Son intention est constructive. 4. Il n’a pas d’autre moyen de parvenir à un résultat. 5. Il ne causera pas ainsi à la personne en question de tort sans l’autorisation du tribunal rabbinique].

4/ Cependant, il devra bien réfléchir auparavant que sa démarche ait un effet positif, par exemple que la personne fera en sorte de ne pas se retrouver avec l’individu en question dans un endroit où celui-ci peut lui causer un préjudice. Car parfois, lorsqu’une personne apprend qu’on désire lui nuire, elle prend les devants, se dispute et le différend grandit. C’est pourquoi, il faut bien réfléchir dès le début comment s’y prendre pour rectifier les choses.

19 Eloul

5/ Il est permis d’avertir une personne du préjudice qu’elle risque de subir si elle s’associe avec une autre tant que l’association n’est pas encore conclue.

Une fois l’association conclue, il ne peut dire les choses que s’il sait que la personne ne causera aucun tort à son associé mais cherchera simplement à se protéger. Dans le cas contraire, même si le dommage causé sera comme le tribunal rabbinique aurait tranché, il sera interdit de mettre la personne en garde [car aucun tribunal rabbinique n’aurait tranché ainsi sans la présence de deux témoins.]

6/ Même s’ils sont deux, s’ils savent que la personne agira sur la base de leurs propos sans consulter le tribunal rabbinique, il est interdit de lui raconter.

20 Eloul

7/ Il n’a pas le droit de rapporter à son prochain qu’un tiers l’a volé ou lui a causé du tort tant que toutes les conditions rapportées plus haut ne sont pas réunies [1. Il est certain des faits. 2. Il n’exagère pas. 3. Son intention sera constructive, 4. Il n’a pas d’autre moyen de parvenir à un résultat. 5. Il ne causera pas de cette manière à la personne en question de tort sans l’autorisation du tribunal rabbinique]. Il devra également avoir réprimandé cette personne qui n’aura pas accepté la réprimande.

8/ Il n’y a pas de distinction s’il raconte de lui-même ou si son ami lui a demandé de lui raconter.

9/ Il est également interdit de raconter à d’autres car les faits seront publiés et arriveront à la personne concernée.

21 Eloul

10/ S’il aperçoit une personne non avisée qui s’apprête à acquérir une marchandise chez un vendeur réputé pour être malhonnête (qui utilise des poids et mesures inexacts ou qui réclame un prix supérieur de plus d’un sixième par rapport au prix du marché), il doit la mettre en garde de ne pas acheter là-bas, et ce, même si elle a déjà conclu avec le propriétaire du magasin qu’elle achèterait chez lui.

A fortiori s’il voit le vendeur user de mensonge pour persuader le client d’acheter un mauvais produit, il doit lui dire de ne pas acheter, à condition cependant que les cinq conditions expliquées plus haut soient remplies [1. Il est certain des faits. 2. Il n’exagère pas. 3. Son intention est constructive. 4. Il n’a pas d’autre moyen de parvenir à un résultat. 5. Il ne causera pas ainsi de préjudice mais simplement un manque à gagner].

22 Eloul

11/ Si son ami a acquis un objet et qu’il a été dupé, on distingue deux cas de figure :

  • Si la halakha (loi) ne l’autorise pas à porter plainte contre le vendeur, il sera défendu de lui dire qu’il a été victime d’une supercherie.
  • Mais s’il est autorisé à porter plainte contre le vendeur, il est permis de l’informer du préjudice, en respectant les conditions suivantes :

12/

  1. Il n’exagérera pas le préjudice.
  2. Son intention sera constructive et il veillera à parvenir au résultat escompté.
  3. Il lui est impossible d’influencer le vendeur à restituer la différence de prix sans en faire part à l’acheteur.
  4. Il n’y a aucun autre moyen de réparer le tort.
  5. Si l’acheteur a l’habitude de colporter et qu’il révèlera au vendeur l’identité de celui qui lui a rapporté qu’il a été dupé, il n’est pas certain qu’il est permis de parler. Mais s’il semble que l’acheteur écoutera la mise en garde de ne pas rapporter, il est permis de l’informer.

23 Eloul

13/ Si son ami a acquis un objet et qu’il a été dupé, dans le cas où lahalakha (loi) l’autorise à réclamer la fraude, il pourra l’en aviser seulement si celui-ci entamera une procédure contre le vendeur devant le tribunal rabbinique. En revanche, s’il le connaît et sait qu’il fera sa propre justice, il est interdit de l’en informer.

 C’est pourquoi, il ne convient d’intervenir dans ce genre d’affaires qu’après s’être assuré que toutes les conditions requises soient remplies, comme nous l’avons expliqué.

24 Eloul

14/ Si Réouven a été victime d’une injustice et qu’il soupçonne Chim’one d’en être responsable, Chim’one n’aura pas le droit de révéler l’identité du coupable, même s’il a été lui-même témoin des faits. Il dira seulement qu’il n’est pas responsable  [et s’il n’y a pas véritablement d’injustice mais que Réouven considère que c’est une injustice et qu’il est sûr que Chim’one en est responsable, il est possible que la loi interdise de protester de son innocence s’il va ainsi déduire l’identité du coupable.]

15/ Si un client demande à un commerçant de lui mettre de côté une marchandise jusqu’à ce qu’il vienne la régler et que pendant ce temps, une tierce personne vient l’acheter, le vendeur n’aura pas le droit de divulguer au premier client l’identité du second. Même s’il lui dit que le second client ignorait que la marchandise était réservée, cela demeure interdit car généralement, même dans un tel cas, le premier client en tiendra rigueur au second.

 

 

Source : Livre ‘Hafets ‘Haim