Kiddouch du vendredi soir

Kiddouch du vendredi soir

La signification du du Vendredi soir ?

Sanctifier verbalement le jour du (ou de fête) à son début (vendredi soir) est un commandement positif de la Torah car il est dit « Souviens toi du jour du chabbat pour le sanctifier » – Chemot 20, 7.

Nos sages ont décidé que ce souvenir doit être commémoré sur une coupe du vin car dans plusieurs versets « souvenir » et « vin » sont liés.

Kiddouch du vendredi soir

 

Avant le Kiddouch

Dès l’entrée de Chabbat, il est interdit de manger et de boire tant qu’on n’a pas récité le kiddoush.  Si, par erreur, on mange quelques chose ou si on est pendant un repas et qu’on s’aperçoit qu’on a oublié de faire le kiddouch, on s’arrêtera immédiatement pour faire le kiddouch et continuer ensuite le repas.

Concernant les arrivés à un âge de comprendre (6-9 ans), il faut les éduquer à ne pas manger ni boire avant le kiddouch. Mais en cas de besoin, le matin avant la prière ou en attendant des invités qui tardent par exemple, on peut lui donner à manger.

Après la prière de ‘Arvit de Chabbat, on doit se dépêcher de rentrer chez soi afin de faire le kiddouch immédiatement et manger. Il ne faudra donc pas s’attarder à la synagogue et bavarder avec les autres fidèles.

 

Préparation de la table

Avant de faire le kiddoush, la table doit être recouverte d’une nappeon y dépose le pain qu’on recouvre d’un napperon en souvenir de la manne qui était entouré en dessous et au dessus par la rosée.

On le couvre également afin qu’il ne voit pas « l’affront » qu’on lui fait en récitant la bénédiction du vin avant la sienne. En effet, toute la semaine, on commence par le motsi alors que le chabbat on doit d’abord faire le kiddoush sur le vin puis ensuite .

 

Comment procéder au Kiddouch ?

On prend une coupe (koss) intacte d’au moins un revi’ith de log soit 86 grammes (86 étant la valeur numérique du mot כוס /koss)On la rince à l’intérieur et à l’extérieur puis on la remplit à ras bord de vin.

kiddouch du vendredi soir

Le minhag séfarade le plus répandu est de commencer par chanter Chalom ‘Aleikhem, certains répètent 3 fois chaque strophe, d’autres préfèrent ne pas les répéter pour se remettre à étudier plus rapidement. Puis le mari récite pour sa femme le Echeth ‘hayil – louange à la femme idéale/vertueuse rédigée par Chlomo Hamelekh (le Roi Salomon).

On prend la coupe dans la main droite et on l’élève d’au moins un tefa’h (= 1 paume soit entre 8 et 9,6 cm) au dessus de la table sans s’aider du bras gauche. Puis on récite debout le kiddouch (certains ashkenazim ont le minhag de rester assis), composé de 3 parties :

1/ Mention des versets de la Torah – Berechit 2, 1–3 :

  • יוֹם הַשִּׁשִּׁי, וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ וְכָל צְבָאָם. וַיְכַל אֱלֹהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה וַיִּשְׁבֹּת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי מִכָּל מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה. וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ כִּי בוֹ שָׁבַת מִכָּל מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת.
  • Ce fut le 6e jour. Ainsi furent achevés les cieux et la terre, avec tout ce qu’ils renferment. D. mit fin, le 7e jour, à l’oeuvre qu’il avait faite ; et Il se reposa, le 7e jour, de toute l’oeuvre qu’il avait faite. D. bénit le 7e jour et le proclama saint, parce qu’en ce jour Il se reposa de l’oeuvre entière qu’il avait produite et organisée.
  • Yom hachichi vaykhoulou hachamaym véhaarèss, vékhol cébaame, vaykhal, élohim, bayom hachévii, mélakhto achèr âssa, vaychbote bayom hachévii, mikol mélakhto achèr âssa, vayvarèkh é!ohim ête yom hachévii, vayqaddèche oto, ki bo chabath mikkol mélakhto, achèr bara élohim laâssote.

2/ On dit ensuite la berakha sur le vin « boré péri ha-guefen » 

  • סַבְרִי מָרָנָן, בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן.
  • Avec la permission de nos maîtres, Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui crées le fruit de la vigne.
  • Savri maranane : Baroukh ata Ado-nay, Elo-hènou, melekh ha‑olam, boré péri haguefen.

3/ Puis on récite la bénédiction du kiddoush

  • בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם. אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוׂתָיו וְרָצָה בָנוּ. וְשַׁבַּת קָדְשׁוֹ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן הִנְחִילָנוּ. זִכָּרוֹן לְמַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית. (כִּי הוּא יוֹם) תְּחִלָּה לְמִקְרָאֵי קֹדֶשׁ, זֵכֶר לִיצִיאַת מִצְרָיִם. (כִּי בָנוּ בָחַרְתָּ וְאוֹתָנוּ קִדַּשְׁתָּ מִכָּל הָעַמִּים), וְשַׁבַּת קָדְשְׁךָ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן הִנְחַלְתָּנוּ. בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה. מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת.
  • Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as agréés, qui nous as donné avec amour et bienveillance Ton saint Chabbat, en mémoire de l’oeuvre de la Création. Ce jour est le commencement des saintes convocations, en souvenir de la sortie d’Egypte. Avec amour et bienveillance, Tu nous as donné en héritage Ton saint Chabbat. Béni Tu es, Hachem, qui sanctifies le Chabbat.
  • Baroukh ata ado-naye élo-hénou mélèkh, melekh ha‑olam, achèr quidechanou bémisvotav vérassa banou, véchabbath quodcho béahava ouvrassone hinhilanou, zikkarone lémaâssé béréchite, téhila lémiqraé quodeche, zékher lissiate misrayme, véchabbath qodchekha béahaba oubrassone hinhaltanou. Baroukh ata Ado-nay  mékaddeche hachabat.

On s’assoit ensuite pour boire le vin du kiddouch.

Il est bon d’embrasser la main de son père et de sa mère après le kiddouch.

 

Bénédiction des enfants

Nous avons également la coutûme que les parents (père et mère) bénissent leurs enfants. Certains ont l’habitude de les bénir en rentrant de la synagogue, d’autres après le kiddouch (voir vos livres de prières pour le texte).

 

Les Femmes & le Kiddouch

Bien que les femmes soit exemptes de toutes les mitsvot positives liées à un temps précis, elles sont astreintes à l’obligation de la Torah de sanctifier le chabbat par le kiddouch, de la même façon que les hommes. 

En effet, les dix commandements sont mentionnés à 2 endroits dans la Torah. Au sujet du 4e commandement, il est écrit dans la parachat Yithro : « zakhor«  (=souviens toi), et dans la parachat Waèth’hanan, il est écrit « chamor«  (=observe). Nos sages expliquent que les mots « zakhor » et « chamor » ont été dit en une même parole pour nous signifier que quiconque est astreint à observer le chabbat et à n’y faire aucun travail interdit, est aussi astreint à s’en souvenir.  Puisque les femmes sont soumises à l’obligation d’observer les mitsvot négatives même lorsqu’elles sont liées a un temps précis, et donc doivent respecter le chabbat (« chamor« ), ainsi elles sont soumises à l’obligation de « zakhor« , c’est à dire, réciter le kiddouch.

Une femme peut donc acquitter les hommes de leur obligation de faire le kiddouch puisqu’elles y sont astreintes par la Torah au même titre qu’eux.

Il est cependant préférable qu’elle s’en abstienne par mesure de pudeur sauf s’il s’agit de quelqu’un de sa famille.

 

Les Enfants & le Kiddouch

En revanche, les enfants de moins de 13 ans ne peuvent pas faire le kiddoush pour acquitter des adultes car les enfants ne sont astreints aux mitsvot que par ordre rabbinique pour s’habituer à les faire.

Ainsi ils ne peuvent acquitter des adultes qui sont soumis à une obligation non pas rabbinique mais de la Torah. Ainsi si le père de famille est absent le vendredi soir, un enfant de moins de 13 ans ne peut pas faire le kiddoush pour acquitter des adultes. Si sa mère ne sait pas faire le kiddoush, il pourra le réciter et elle répétera mot à mot avec lui.

 

Le Kiddouch sans vin

Le vendredi soir, si on a pas de vin, on fait le kiddouch sur le pain. On commencera par faire puis on fera le kiddouch normalement en remplaçant la berakha « …boré beri ha-guefen » par « …ha-motsi lekhem min ha-arets« .

Mais si on a ni vin, ni pain, on ne récite pas la bénédiction du kiddouch car on ne la dit que sur du vin ou du pain. On pensera à s’acquitter de son obligation du kiddoush lorsqu’on fera la prière de ‘Arvit où le kiddoush y est mentionné.

 

En cas de doute

Si on est invité chez des personnes qui ne connaissent pas très bien la halakha et si on est pas sûr que celui qui récite le kiddouch a bien eu l’intention d’acquitter les convives de leur obligation, ou si on ne se souvient plus si on a fait le kiddouch, dans le doute on ne recommencera pas. De plus, comme certains sages considèrent que le kiddouch que l’on récite dans la prière d‘Arvit nous acquitte de notre obligation de la TorahNous avons ici un double doute, il n’y a donc pas lieu de refaire le kiddouch.

Si on n’a pas récité le kiddoush du soir, intentionnellement ou pas, on peut le dire le samedi en commançant par « veshamerou » puis on fera la bénédiction sur le vin puis celle du kiddoush (on omettra « vayekhoulou« ).

 

Sources : Choul’han Aroukh, Chapitre 271 – ש’’ע סימן רעא | Yalkout Yossef – Chabbat : kiddouch sur le vin – ילקוט יוסף – שבת : דיני קידוש על היין