Lachone Hara' hafet haim

Lachone Hara’ : Introduction

Les commandements négatifs liés au Lachone Hara’

1/ Celui qui dit de la rekhilout (colportage) ou du lachone hara’ (médisance) transgresse l’interdit : « Tu n’iras pas colporter au sein de ton peuple », bien que ses propos soient véridiques.

  • La « rekhilout« , c’est lorsque l’on raconte à Réouven ce que Chim’one a dit à son propos ou lui a fait.
  • Et le « lachone hara’« , c’est lorsque l’on dit des propos péjoratifs sur son prochain.

Quant à celui qui raconte des mensonges sur son prochain, il se rend coupable de « motsi chème ra' ». Cette interdiction concerne seulement celui raconte et non celui qui accepte les propos.

2/ Celui qui médit et celui qui accepte les propos transgressent l’interdit : « N’accueille point un rapport mensonger » : la Torah interdit de dire ou de croire à des propos médisants.

3/ Celui qui dit du lachone hara’transgresse l’interdit : « Observe avec un soin extrême les prescriptions relatives à la lèpre ». Ce verset nous met en garde de ne pas dire de lachone hara’ qui entraîne la lèpre.

4/ Celui qui médit et celui qui écoute transgressent tous deux l’interdit : « Devant l’aveugle, tu ne placeras point d’embûche». Celui qui médit enfreint cet interdit dans tous les cas et plus son assistance est importante, plus ses péchés sont nombreux. Par contre, celui qui écoute transgresse cet interdit seulement s’il est seul à écouter. Mais lorsqu’il y a plusieurs auditeurs, il se peut qu’ils ne transgressent pas cet interdit.

5/Celui qui dit du lachone hara’ enfreint l’interdit : « Garde-toi de ne pas oublier l’Éternel ton D… » qui constitue une mise en garde de ne pas s’enorgueillir. En effet, celui qui se moque de son prochain pense certainement qu’il est intelligent et qu’il réussit. Cela est d’autant plus vrai si dans son récit, il s’enorgueillit de la chute de son prochain.

6/ Celui qui dit du lachone hara et celui qui écoute transgressent l’interdit : « Vous ne profanerez pas mon Nom Saint ». Comme il s’agit d’un péché dépourvu de tout profit ou plaisir d’ordre matériel, c’est comme s’il se rebellait et rejetait le joug.

C’est d’autant plus grave s’il s’agit d’une personne importante et encore plus s’il a agi en public.

7/ Celui qui dit du lachone hara’ transgresse parfois l’interdit : « Ne hais point ton frère dans ton cœur ». Tel est le cas lorsqu’il feint une attitude bienveillante devant la personne mais qu’il la méprise ouvertement hors sa présence et encore plus s’il met en garde ses auditeurs de ne pas lui rapporter ses propos.

8-9/ Celui qui dit du lachone hara’ transgresse parfois : « Ne te venge point ni ne garde rancune ». S’il médit pour se venger d’une personne qui ne lui a pas rendu service, il transgresse l’interdit : « Ne te venge point ». Et tant qu’il garde la chose dans son cœur, il transgresse l’interdit : « Ne garde point rancune ».

10/ Si un homme témoigne au tribunal sur son prochain et qu’il est le seul témoin, il n’est pas un témoin fiable et transgresse par conséquent l’interdit : « Un témoignage isolé ne sera pas valable contre une personne quelque soit le crime ou le délit ».

11/ Celui qui se joint à un groupe de personnes qui disent du lachone hara’ de manière habituelle, pour parler ou pour écouter, transgresse le commandement : « Ne suis point la multitude pour mal faire », qui constitue une mise en garde de ne pas s’allier aux fauteurs

12/ Si par le biais de ces propos diffamatoires il alimente une querelle, il enfreint l’interdit : « Qu’il ne soit pas semblable à Kora’h et à son assemblée », qui constitue une mise en garde de ne pas alimenter une dispute.

13/ S’il parle en présence de la personne concernée et que celle-ci s’en trouve peinée, par exemple il rapporte ses actes ou ceux de sa famille ou il relate son peu d’intelligence, il transgresse l’interdit : « Ne blessez point votre prochain », qui constitue une mise en garde de ne pas peiner un Juif par des paroles.

14/ S’il dit du lachone hara en présence de la personne concernée au point de l’humilier et de la faire pâlir, il transgresse le commandement : « Tu n’assumeras point de péché contre lui » qui constitue une mise en garde de ne pas faire honte à un Juif [même si c’est pour le réprimander sur une faute]. Et s’il l’a humiliée en public, il n’a pas de part au monde futur.

15/ S’il s’agit d’un orphelin ou d’une veuve, même riches, il transgresse également l’interdit de : « N’humiliez point la veuve ni l’orphelin. »

16/ S’il dit du lachone hara’ afin de flatter son auditeur, il transgresse : « Vous ne souillerez point le pays« , que de nombreux guéonim (sages qui ont vécu après l’époque talmudique) considèrent comme un commandement négatif. De même, s’il écoute des propos médisants et qu’afin de flatter celui qui raconte, il lui exprime son approbation et ajoute des mots de mépris, il transgresse également cet interdit de flatter.

17/ S’il dit du lachone hara’ lorsqu’il est en colère, il arrive qu’il maudisse la personne, et parfois même, il associe le nom de D. à la malédiction. Il transgresse dans ce cas l’interdit de : « N’insulte pas un sourd » et ce, même s’il a maudit dans une autre langue que l’hébreu.

Les commandements positifs

1/ Celui qui dit du lachone hara’ transgresse le commandement positif de : « Souviens-toi de ce que l’Eternel ton D. a fait à Myriam ». Myriam fut punie par la lèpre pour avoir médit de Moché. Il s’agissait pourtant de son frère qu’elle aimait et elle s’était sacrifiée pour le sauver. De plus, elle ne le blâma pas mais le compara seulement aux autres prophètes. Et ce ne fut pas en sa présence ni devant d’autres mais seulement devant son frère Aharone et Moché Rabénou ne lui en tenait pas rigueur. A plus forte raison que celui qui dit du véritable lachone hara’ sur son prochain sera puni.

2/ Celui qui raconte et celui qui écoute transgressent le commandement de : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même« , car celui qui aime son prochain comme lui-même ne dit pas sur lui des propos médisants ni n’en accepte.

3/ S’il s’agit de faits ambigus mais que celui qui raconte en donne une interprétation péjorative et que l’auditeur accepte cette version, les deux transgressent : « Juge ton semblable avec impartialité », qui constitue un commandement de juger son prochain favorablement.

4/ S’il a dit du lachone hara’ sur son prochain et lui a ainsi causé de perdre sa subsistance, il transgresse le commandement négatif de : « Fût-il étranger et nouveau venu, et qu’Il vive avec toi. Et que ton frère vive avec toi« , qui constitue une obligation d’aider un Juif à subvenir à ses besoins, et certainement de ne pas lui nuire dans sa subsistance.

5/ S’il entend son prochain commencer à dire du lachone hara’ et ne le réprimande pas immédiatement [s’il présume que sa réprimande sera acceptée, ou qui doute au moins de cela], il transgresse le commandement positif de « Reprends ton prochain« .

6/ Quiconque se lie à un groupe de gens oisifs qui disent du lachone hara’ [comme à des mariages, etc.], pour écouter ou raconter du lachone hara’, transgresse le commandement positif : « Attache-toi à Lui seul« , qui nous enjoint de nous attacher à des sages et non à des gens qui ont pour habitude de dire du lachone hara’.

7/ S’il dit du lachone hara’ à la synagogue ou dans la maison d’études, il transgresse le commandement : « Et révérez Mon sanctuaire » qui nous ordonne de craindre Celui qui a fait résider Son nom en ce lieu. Ce verset inclue tant les synagogues que les maisons d’étude.

8/ S’il dit du lachone hara’ sur une personne âgée, même ignorante, ou sur un sage même jeune, il transgresse le commandement : « Et honore la personne du vieillard » qui nous enjoint d’honorer la personne âgée ainsi que le sage. Et s’il parle sur une personne âgée qui est sage, il transgresse deux fois cet interdit.

9/ S’il dit du lachone hara’ sur un cohen, il transgresse le commandement positif : « Et tu le sanctifieras » qui nous enjoint d’honorer les cohanim.

10/ S’il dit du lachone hara’ sur son grand frère, le mari de sa mère ou la femme de son père, il transgresse le commandement d’honorer ses parents. Et si, D. préserve, il parle de son père ou de sa mère, il transgresse non seulement cet interdit mais également : « Maudit soit celui qui traite avec mépris son père ou sa mère« . [Il se peut qu’également celui qui écoute transgresse ces deux commandements, même si ce n’est pas en présence de la personne]

11/ Celui qui parle et celui qui accepte les propos transgressent le commandement : « Tu craindras l’Eternel ton D. » qui nous enjoint de craindre D. et de ne pas transgresser Sa volonté en commettant des péchés.

12/ Celui qui parle et celui qui accepte les propos transgressent le commandement d’étudier la Torah, car pendant le temps qu’ils parlaient du lachone hara’, ils auraient dû étudier la Torah et la punition pour n’avoir pas accompli cette mitsva équivaut à toutes les fautes.

13/ S’il dit du lachone hara’ et y mêle des propos mensongers, il transgresse le commandement : « Fuis la parole de mensonge » et se rend coupable de « motsi chème ra’ » dont la punition est plus grave encore que celle de celui qui dit du lachone hara’.

14/ Celui qui raconte et celui qui accepte les propos transgressent le commandement : « Et tu marcheras dans Ses voies« , qui nous enjoint d’adopter la conduite de D., qui est entièrement bonne et de ne pas dire ni écouter du mal d’un Juif, qui est contraire à la conduite divine.

 

Les malédictions

Lachone Hara' Malediction1/ Celui qui dit du lachone hara’ transgresse : « Maudit, qui frappe son prochain en cachette« , qui fait référence à celui qui dit du lachone hara’.

2/ Il transgresse également : « Maudit, celui qui égare l’aveugle en son chemin« , qui fait référence à celui qui fait trébucher son prochain dans un interdit [voir précédemment quand c’est celui qui parle qui transgresse cet interdit et quand c’est celui qui accepte les propos qui le transgresse].

3/ S’il ne prend pas du tout sur lui de faire attention à ce péché, il transgresse : « Maudit soit quiconque ne respecterait point les paroles de la présente doctrine et négligerait de les mettre en pratique« , qui fait référence à celui qui n’accepte pas sur lui d’accomplir toutes les paroles de la Torah. Celui-ci est appelé ‘apostat sur un point’.

S’il parle sur son père ou sa mère, il transgresse également : « Maudit soit celui qui traite avec mépris son père ou sa mère.« 

 

Source : Livre ‘Hafets ‘Haim

    1 comment

    1. memmi   •  

      Merci beaucoup pr cette mise au point sur Lachon hara

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