hanouka halakhot

Hanouka : résumé des halakhot

‘Hanouka 5777 commencera le 25 Kislev 5776 soit le dimanche 25 décembre 2016.
Nous allumerons donc la première lumière le samedi 24 décembre au soir. La dernière lumière sera allumée le samedi 31 décembre au soir.

Hanouka : Signification & Origine

Hanouka halakhot

A l’époque du second Beth Hamikdach, les autorités grecques prirent des mesures de répression contre le peuple Juif. Elles empêchèrent la pratique des mitsvot ainsi que l’étude de la Torah. Les grecs s’approprièrent les biens, l’argent et les filles des Juifs. Ils pénétrèrent dans le Temple et le saccagèrent. Une famille de Cohen Gadol, les ‘Hachmonaïm, réussirent miraculeusement à prendre le dessus et délivrèrent le peuple Juif le 25 Kislev. Mais lorsqu’ils voulurent rallumer la grande Ménorah du Beth Hamikdachils ne trouvèrent aucune « huile pure » hormis une fiole dont la quantité n’aurait dû suffire que pour un seul jour. Un miracle se produisit et l’huile brûla huit jours, le temps de se procurer de l’huile pure.

Pour se souvenir de ce miracle, les sages de l’époque ont institué de se réjouir durant ces huit joursde louer Hachem et d’allumer des lumières chaque soir afin de proclamer et de diffuser le miracle de Hanouka.

Il est interdit de jeuner et de prononcer des éloges funèbres durant ces 8 jours de ‘Hanouka. Cependant il est permis de travailler.

 

La mitsva de l’allumage

C’est l’allumage lui-même qui constitue la mitsva. C’est pourquoi, il faudra s’assurer que toutes les conditions nécessaires pour la validité de la mitsva soient présentes au moment de l’allumage (quantité d’huile, hauteur, courant d’air, etc.).

Il est interdit de se servir de la lueur diffusée par les lumières de ‘Hanouka pour s’éclairer. Il est également interdit d’allumer une autre flamme ou une cigarette à partir de ces lumières.

Il faut allumer les bougies de Hanouka avec beaucoup de soin car c’est une mitsva extrêmement précieuse par laquelle nous proclamons le miracle et remercions D. des prodiges qu’il a accomplis pour nous. Il nous est enseigné dans le traité (23b) que celui qui respecte cette mitsva scrupuleusement mérite d’avoir des érudits en Torah.

 

Quand allumer ?

Le moment idéal (lekhat’hila) pour l’allumage commence juste après la sortie des étoiles et dure 30 minutes.

Si 30 minutes se sont déjà écoulées depuis la sortie des étoiles alors on réalisera cette mitsva dès que possible afin de pouvoir diffuser le miracle au maximum (tant qu’il y a encore des passants dans la rue). Mais en cas de force majeure on pourra allumer toute la nuit.

Le Ben Ich ‘Hai nous précise qu’on ne doit pas manger ni même étudier avant d’allumer. Et si nous avons entamé un repas ou commencé à étudier, on devra s’interrompre pour allumer.

Hanoukia VS. ‘Arvit

Les jours de ‘hanouka, 2 mitsvot se présentent à nous à la sortie des étoiles : La prière de ‘Arvit et l’allumage de la ‘Hanoukia. Il existe un principe dans la halakha qui donne la priorité à ce qui est plus fréquent. Dans notre cas, la mitsva de l’allumage de la ‘Hanoukia ne dure que 8 jours alors que prier ‘Arvit est constant tous les jours de l’année. Ainsi il faudra faire la tefila d’Arvit avant d’allumer les nerot de ‘Hanouka.

Sachant qu’il est possible d’avancer et de prier la de ‘Arvit avant la sortie des étoiles, ces 8 jours de ‘Hanouka, il est préférable de prier ‘Arvit un peu plus tôt et ainsi pouvoir allumer la ‘Hanoukia immédiatement après la sortie des étoiles. 

Hanoukia VS. Lecture du Chema

Dans le cas où on a prié ‘Arvit avant la sortie des étoiles, il faut relire le Chema après la sortie des étoiles. Comme la lecture du Chema le soir est une obligation constante tous les jours de l’année, il faudra lire le Chema avant d’allumer les nerot de ‘Hanouka.

 

Préparation de la ‘Hanoukia

Le ‘Hafets ‘Haim, dans son explication de la halakha (Mishna Beroura), nous précise qu’il est bien et juste de préparer la ‘Hanoukia alors qu’il fait encore jour afin de pouvoir l’allumer à son retour de la synagogue immédiatement à la sortie des étoiles.

Où placer les lumières ?

Sachant que les nérot de Hanouka sont allumées dans le but de diffuser le miracle, il est important de positionner la ‘Hanoukia à un endroit visible de l’extérieur. 

C’est pourquoi, si on habite en maison, on placera la ‘Hanoukia à l’extérieur devant la porte d’entrée (du coté gauche, en face de la mezouza) ou s’il y a une cour/jardin entre la rue et la maison, on la placera dans la rue, devant le portail (du coté gauche, en face de la mezouza. Si le portail ne nécessite pas de de mezouza, on la positionnera du coté droit). Si on habite en appartement, on la placera à la fenêtre qui donne sur l’extérieur afin qu’elle soit visible par un maximum de passants.

En revanche, si la ‘Hanoukia ne peut pas être visible de l’extérieur (étage élevé (plus de 10m soit à partir du 4e étage environ), problème sécuritaire, etc.) alors il est important de la placer à l’intérieur de la maison à moins de 10 cm de la porte, au coté opposé à la mezouza. Cela permettra aux personnes qui rentrent « d’être entourées » de 2 mitsvot : la mezouza et la ‘hanoukia.

La ‘Hanoukia doit être idéalement située entre 24 et 80 cm du sol. 

Il faut allumer les lumières à l’endroit où elles resteront. Si le chef de famille est alité et ne peut se lever, on ne pourra pas lui apporter la ‘hanoukia pour allumer les nerot puis la reposer à coté de la porte. Il faudra demander à une tierce personne d’allumer.

Du faite que c’est l’allumage qui constitue la mitsva, il est donc très important de s’assurer que toutes les conditions nécessaires pour la validité de la mitsva soient réuniesC’est pourquoi, si on a allumé les nerot de hanouka et que le vent les a éteintes :

  1. Si elles étaient positionnées à un endroit où il peut y avoir un courant d’air, il faudra les déplacer puis les rallumer sans réciter la bénédiction.
  2. Si elles se sont éteintes accidentellement, d’après la stricte halakha, on n’est pas obligé de les rallumer. Mais celui qui veut être plus stricte et les rallumer (sans réciter la berakha), attirera la bénédiction sur lui.

 Pour tout cas particulier, il est conseillé de se référer au Rav de votre communauté.

Avec quoi allumer ?

Toutes les huiles et toutes les mèches sont valables pour allumer les lumières de Hanouka, mais la meilleure façon de réaliser cette mitsva est d’utiliser de l’huile d’olive.

Bien que les bougies de cire soient valables, il est mieux d’utiliser de l’huile d’olive car c’est avec de l’huile d’olive que s’est produit le miracle mais aussi car la lumière produite est plus belle.

Le Rav Mordekhaï Eliyahou (Zatsal) nous précise que la meilleure manière de réaliser cette mitsva est d’utiliser de l’huile d’olive consommable et produite en Israel.

Il faut mettre suffisamment d’huile pour que les lumières brûlent au moins une demi-heure

Si on a utilisé des bougies trop petites, ou que la quantité d’huile n’était pas suffisante, il faudra éteindre les flammes, remplacer les bougies par des bougies plus grandes ou rajouter de l’huile puis allumer de nouveau les flammes mais cette fois ci, sans bénédictions.

 

Qui doit allumer ?

Les & ‘Hanouka

Malgré le principe que les femmes sont dispensées des mitsvot qui sont liées à un temps spécifique (tsitsit, tefilin, soucca, etc.), les femmes sont concernées par l’obligation d’allumer les nérot de ‘Hanouka car le miracle de ‘Hanouka a concerné les hommes comme les femmes. Sachant également qu’une femme, Yehoudit, a joué un role majeur dans la délivrance du peuple Juif de l’emprise grecque.

Histoire de Yehoudit

Une des héroïnes mal connues (bien qu’acclamée) de l’histoire de ‘Hanouccah était une veuve du nom de Yéhoudit. Quand elle se rendit compte du danger qui guettait son peuple, d’un côte le danger physique que présentaient les Assyriens aux portes du pays, et d’autre part le danger spirituel qu’aurait représenté la chute de Jérusalem, elle conçut un stratagème. Au moment où elle décida d’agir, la ville était assiégée, et ses habitants sur le point de céder par manque d’eau. Animée d’une grande foi et d’une grande énergie, elle sollicita une entrevue du général assyrien Holopherne.

Elle se présenta comme une conseillère pour l’aider dans sa campagne contre les Juifs. Séduit par son intelligence et aveuglé par sa beauté, Holopherne accepta son plan. Elle l’invita à un diner somptueux où elle lui servit quantité de fromages pour éveiller sa soif, et d’excellents vins, pour l’étancher. Il finit par sombrer dans un profond sommeil.

Sans perdre un instant, Judith saisit son épée, lui trancha la tête, et s’enfuit avec elle chez les Juifs qui attendaient anxieusement. La tête tranchée fut exposée sur les murailles de la ville, ce qui eut pour effet de terrifier les Assyriens qui prirent la fuite. Les Juifs furent victorieux, et des louanges furent adressées à Dieu pour Le remercier d’avoir envoyé un émissaire aussi courageux que Yéhoudit.

Source Aish.fr

Une femme qui habite seule doit également allumer les nerot de ‘Hanouka.

Les femmes ont pris le minhag de ne pas faire de travaux ménagers (hormis la préparation des repas) tant que les lumières de ‘Hanouka brillent (soit une demi-heure minimum) afin qu’elles sachent qu’il est interdit de se servir de la lueur diffusée par les lumières de ‘Hanouka pour s’éclairer (dans certaines communautés, les hommes ont aussi cette habitude).

Une mitsva liée au foyer

Chaque foyer a l’obligation d’allumer les lumières de Hanouka. Nous avons l’habitude que ce soit le père qui allume et acquitte ainsi son foyer.

En revanche, si le mari rentre tard ou est en déplacement, il est indiqué et même recommandé qu’il charge son épouse d’allumer les lumières de Hanouka à la tombée de la nuit et il sera acquitté par cet allumage malgré son absence (il pourra s’il le veut les allumer sans berakha de son coté ou à son retour).

On pourra, pour habituer les jeunes enfants (en âge d’être éduqué), leur faire allumer les flammes « supplémentaires » (c’est à dire, les autres nerot à l’exception de la première qu’on allume).

Le minhag de nos frères achkenazim est d’allumer une ‘Hanoukia par membre du foyer à l’exception de la femme qui est acquittée par son mari.

 

Comment allumer la ‘Hanoukia ?

Halakha Hanouka sur La Quoti Halakhique

D’après la stricte Halakha, la mitsva est d’allumer une flamme par jour mais le minhag de nos jours est d’ajouter une flamme supplémentaire chaque jour dès le 2ème jour ainsi le huitième jours il y aura 8 nerot allumées.

Le premier soir, on allume à l’aide du chamach (flamme supplémentaire) une lumière puis on en ajoute une de plus chaque jour jusqu’au huitième soir où on en allumera huit.

Le second soir, on allumera d’abord la lumière qu’on ajoute puis celle de la veille. On procèdera donc à l’allumage de gauche à droite. De cette façon, on récitera toujours la berakha sur la lumière qu’on ajoute !

Lorsque l’on allume les nerot de ‘Hanouka, il est important d’attendre que la flamme « monte d’elle-même », c’est à dire que la majeure partie de la mèche flambe avant de retirer sa main et de passer à une autre mèche.

On pensera à allumer le chamach avant de réciter les bénédictions car c’est une flamme ordinaire qui n’est pas concernée par la mitsva (certains ont l’habitude de l’allumer à la fin).

 

Les bénédictions à réciter

Le premier soir de ‘Hanouka on récitera 3 bénédictions avant d’allumer les lumières :

  > Sur la mitsva d’allumer les nerot de ‘Hanouka :

  • ברוך אתה ה’ אלקינו מלך העולם אשר קדשנו במצותיו וצונו להדליק נר חנכה
  • Baroukh ata Ado-naï, Elo-hènou, melekh ha‑olam, asher qidéshanou bemitsvotav, vètzivanou lahdlik ner ‘Hanouka
  • Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as prescrit d’allumer la lumière de ‘Hanouka

  > Sur les miracles :

  • ברוך אתה ה’ אלקינו מלך העולם שעשה נסים לאבותינו בימים ההם בזמן הזה
  • Baroukh ata Ado-naï, Elo-hènou, melekh ha‑olam, chéassa nissim laavoteinou bayamim hahem bazéman hazé
  • Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui as accompli des miracles pour nos ancêtres, en leur temps, à cette époque-ci

  > Sur le temps :

  • ברוך אתה ה’ אלקינו מלך העולם שהחיינו וקימנו והגיענו לזמן הזה
  • Baroukh ata Ado-naï, Elo-hènou, melekh ha‑olam, chéhé’héyanou vékiyémanou véhiguiy’anou lazéman hazé
  • Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui nous as maintenus en vie, nous as soutenus et nous as permis d’atteindre ce temps

Les autres soirs, on ne récite que les deux premières berakhot.

Dans le cas où l’on se sert du chamach pour l’allumage, on pensera à l’allumer avant de réciter les bénédictions car c’est une flamme ordinaire qui n’est pas concernée par la mitsva.

Après avoir allumé la première lumière obligatoire on chantera le texte « Ha-nerot halalou… » tout en allumant les flammes « supplémentaires ».

Le Ben Ich ‘Hai et Le Mishna Beroura lui nous éclaire sur le texte « Ha-nerot Halalou). Sans compter les 2 premiers mots qui signifient « Ces lumières-là : », ce passage contient 36 mots qui correspondent aux 36 lumières qui seront allumées lors de la fête de ‘Hanouka. Les 2 premiers mots eux contiennent huit lettres qui sont une allusion aux 8 jours de ‘Hanouka.

 

Oublier d’allumer

Si on n’a pas allumé avant le lever du jour, on allumera alors sans berakha dans la journée.

Quelqu’un qui n’a pas pu allumer du tout les lumières de ‘Hanouka, ne pourra plus remplacer la ou les allumage(s) perdu(s). Il continuera à allumer le même nombre de lumières que tout le monde en récitant la berakha. Dès qu’il allumera pour la première fois, il récitera également la bénédiction de chéhé’héyanou.

 

Etre invité pendant ‘Hanouka

Dans le cas ou on est invité et que l’on dort chez des amis ou de la famille, on sera acquitté par l’allumage du chef de famille. On aura donc pas le droit d’allumer avec berakha dans la chambre qui nous est réservée.

 

Rajout : « ‘al hanissim »

On rajoute dans les ‘amidoth (prières quotidiennes) que l’on récite les jours de ‘Hanoukale passage ‘al hanissim qui mentionne le miracle de ‘hanouka.

Le premier soir de ‘hanouka, on fera la prière de ‘Arvit avant l’allumage tout en mentionnant le miracle de ‘hanouka dans la ‘amida, bien qu’on n’ait pas encore allumé la ‘hanoukia.

On dit également ‘al hanissim dans le .

 

Se rendre au cimetière pendant ‘Hanouka

Comme nous l’avons vu, les sages de l’époque ont institué de se réjouir et de louer Hachem pendant ces jours de ‘Hanouka. On ne fait donc pas d’éloge funèbre pour un disparu.

Il est préférable également d’éviter de se rendre au cimetière (même pour la fin des 7 jours ou du mois de ) car la proximité avec la tombe du défunt éveille le chagrin et les pensées douloureuses.

Il est mieux d’aller se recueillir avant ‘Hanouka.

En revanche les règles de deuil sont maintenues, que l’on soit dans la semaine, le mois ou l’année.

 

Hanouka & Chabbat 

Vendredi soir

La veille de Chabbat, avant le coucher du soleil on allume d’abord les lumières de ‘Hanouka puis celle de Chabbat. Comme les lumières de ‘hanouka doivent brûler au moins une demi-heure après la tombée de la nuit, il faudra mettre suffisamment d’huile pour que les lumières puissent brûler une demi-heure après la sortie des étoiles.

Samedi soir

A la sortie de Chabbat, on fera d’abord la puis on allumera les lumières de ‘hanouka (dans le cas où on fait la havdala à la synagogue et que l’on souhaite également allumer la ‘Hanouka alors on allumera d’abord la ‘hanoukia puis on fera la havdala dans le but de retarder la sortie de Chabbat mais aussi de diffuser au maximum le miracle).

 

Que faire de l’huile restante ?

A la fin de ‘Hanouka, s’il reste de l’huile dans les réceptacles de la ‘Hanoukia (qui n’a pas complètement brûlé)il est interdit de l’utiliser car elle a été réservée pour la mitsva de l’allumage des nérot de ‘Hanouka et donc possède une certaine sainteté. On ne pourra donc pas s’en servir pour manger, cuisiner ou pour allumer les nérot de Chabbat. Il faudra la brûler complètement afin de ne pas l’utiliser pour un autre usage.

Il en est de même pour une mèche ou la cire d’une bougie (certains les gardent pour les bruler avant Pessa’h avec le Bi’our ‘Hamets).

En revanche, il n’est pas interdit d’utiliser l’huile qui reste dans la bouteille d’huile achetée pour ‘Hanouka.

Il est conseillé d’émettre une condition verbale avant la fête de ‘Hanouka en déclarant que l’on ne réserve pas l’huile et les mèches exclusivement à cette Mitsva.

 

 
Sources : Beit Yossef et Choulkhan Aroukh chapitre 670 à 683 / Yalqout Yossef : ‘Hanouka / Ben Ich ‘Hai – Vayechev 1e Année / H’azon Ovadia – H’anouka page 160 / Torat Ha-Mo’adim – H’anouka page 126 / Massekhet Chabbat 23b

 

 

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