Havdala halakha et explications

Résumé des Halakhot sur la Havdala

Introduction

La Havdala (littéralement : différentiation) est une action qui permet de séparer 2 temps. On marque ainsi le passage du aux jours de la semaine ou des jours de fêtes (yom tov) à la semaine.

Halakhot HavdalaElle a été instaurée par les sages de La Knesset Ha-Guégola (La Grande Assemblée). Lors du retour de l’exil de Babylonie, la Havdala fut instaurée initialement dans la prière de ‘arvit car à cette époque les juifs étaient pauvres et pouvaient difficilement se permettre d’acheter du vin. Quand le peuple d’Israël devint plus aisé, elle fut retirée de la prière pour fixer sa récitation en dehors de la ‘amida sur une coupe de vin. Mais par la suite, les gens se sont à nouveau appauvris et les sages ont dû re-fixer la Havdala dans la ‘amida.

Afin d’éviter de la déplacer continuellement, ils ont établi que la Havdala soit récitée à la fois dans la prière de ‘Arvit et sur une coupe de vin pour les gens qui ont les moyens financiers de le faire.

 

Avant la Havdala

Manger et boire avant la havdala

Dès la sortie de Chabbat, il est interdit de manger ou de boire (mis à part de l’eau) avant d’avoir récité la havdala.

Si par erreur, on récite la berakha pour consommer un aliment avant d’avoir récité la havdala, il faut en manger un petit morceau pour que la bénédiction n’ait pas été prononcée en vain. Nous ne devons en aucun cas recracher ce qu’on a mis dans la bouche mais l’avaler, puis faire la havdala.

Travailler avant la havdala ?

Il est défendu de faire un travail avant d’avoir récité la havdala sauf si on a introduit la havdala dans la ‘amida de ‘arvit de motsé chabbat (comme nous l’expliquons plus bas). Dans ce cas, ce sera permis.

Les qui ne prient pas ‘arvit, celui qui n’a pas encore fait ‘arvit ou celui qui n’a pas introduit le passage de la havdala dans la prière de ‘arvitdevra dire, avant d’effectuer un quelconque travail :

  • ברוך המבדיל בין קודש לחול
  • Baroukh hamavdil ben kodech lé’hol
  • ּBéni celui qui distingue le sacré du profane.

 

La Havdala & les femmes

Les femmes ont l’obligation de la Torah de faire la havdala comme les hommes. Mais lorsqu’un homme récite la havdala, les femmes ont pris l’habitude de ne pas consommer le vin de la havdala.

 

La Havdala dans la prière de ‘Arvit

On récite la havdala dans la prière de ‘Arvit à la fin de Chabbat en rajoutant, dans la ‘amida, « ata ‘honantanou… » dans le paragraphe « Ata ‘honen…« , avant « ve’honénou méitékha…« . (Se référer à son livre de prière pour le texte complet).

La Guémara et l’éclaircissement de Rachi dans le traité Berakhot page 33a nous expliquent que la havdala dans la prière a été instituée dans la bénédiction de « ‘honen hada’at…« , qui traite de la sagesse et du discernement, car seul un homme « sage » peut faire la différence entre le sacré et l’ordinaire, entre le pur et l’impur, entre chabbat et les jours de la semaine.

 

La Havdala à la synagogue

Nous avons l’habitude de faire la havdala sur une coupe de vin à la synagogue pour acquitter tous ceux qui n’ont pas de vin ou qui ne feraient pas la havdala chez eux.

 

La Havdala sur une coupe de vin

La havdala de motsé chabbat que l’on récite sur une coupe de vin est composée de plusieurs parties : Nous avons la coutume de commencer par réciter des versets de bénédictions : « koss yechou’ot essa… », « layehoudim hayeta ora.. », etc. Puis la berakha sur le vin, les aromates, la lumière et enfin la bénédiction finale de la havdala.

 

Avant de commencer la havdala

La havdala doit être récitée assis. Ceux qui l’écoutent pour s’en acquitter doivent également s’asseoir.

Celui qui récite la havdala prend le verre dans la main droite et l’élève d’au moins un tefa’h (= 1 paume soit entre 8 et 9,6 cm) au dessus de la table sans s’aider du bras gauche et les aromates dans la main gauche.

Il est important que celui qui récite la havdala et ceux qui l’écoutent pour s’en acquitter ne parlent pas de choses inutiles entre les bénédictions ni pendant qu’ils respirent les aromates ou regardent la flamme.

 

Les différents versets puis la berakha sur le vin

On commence par réciter les versets de bénédictions (se référer à votre siddour) puis on dit la berakha sur le vin « boré péri ha-guefen » :

  • סַבְרִי מָרָנָן, בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן.
  • Avec la permission de nos maîtres, Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui crées le fruit de la vigne.
  • Savri maranane : Baroukh ata Ado-nay, Elo-hènou, melekh ha‑olam, boré péri haguefen.

Comme pour le kiddouch, on prendra un verre d’au moins un revi’ith de log soit 86 grammes. Il faut veiller à utiliser un verre propre, qu’on rincera à l’intérieur comme à l’extérieur avant de l’essuyer. Le verre ne doit être ni fêlé, ni ébréché.

Certains ont l’habitude que celui qui récite la havdala se regarde dans le verre : C’est une ségoula pour la réussite que de regarder dans le vin « son front », en hébreu : מצח / Metsa’h. En effet, la valeur numérique de Metsa’h est la meme que le mot « הצלחה / Hatsla’ha » : réussite.

Une coutume aussi très répandue est de rire juste après que l’officiant se soit regardé dans le verre. C’est simplement un « bon signe » pour débuter la semaine et faire en sorte qu’elle se prolonge dans la joie.

Si on n’a pas de vin, on ne peut pas réciter la havdala sur du pain comme pour le kiddoush par exemple. On pourra utiliser une boisson nationale alcoolisée. On récitera cependant la berakha « …chehakol nia bidvaro » à la place de « …boré péri ha-guefen ».

 

La bénédiction sur les aromates

Les aromates sur lesquels on récite une berakha pendant la Havdala rappellent l’odeur paradisiaque du Chabbat. Il faut respirer l’odeur des plantes car lors de la fin de Chabbat l’homme sombre dans une « nostalgie » (dûe à la perte de « l’ame supplémentaire » que l’on reçoit le chabbat). On utilise donc le parfum pour se « consoler ».

Ensuite, on fait passer le verre dans la main gauche et les aromates dans la droite et avant de les sentir, on récite la berakha suivante (la bénédiction varie en fonction de l’espèce de parfum choisi voir ci-dessous) :

  • בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, בּורֵא עֲצֵי (עִשְׂבֵּי) (מִינֵי) בְשָׂמִים
  • Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui crées des arbres (herbes) (divers) odorants.
  • Baroukh ata Ado-nay, Elo-hènou, melekh ha‑olam, boré ‘açéi (‘issbéi) (minéi) bessamim.

Si c’est une espèce qui provient d’un arbre, on conclue par « …boré ‘açéi bessamim.« , si c’est une herbe aromatique, on dit « …boré ‘isbei bessamim. » Et si on a un doute on termine « …boré miné bessamim.« .

Il est particulièrement méritoire de réciter la berakha sur du myrte si on peut s’en procurer. En revanche, on ne fera pas la berakha des aromates sur des parfums moderne, sur du tabac parfumé ni sur un parfum en vaporisateur.

Si on n’a pas d’aromates, on peut faire malgré tout la havdala sans réciter cette berakha.

 

La bénédiction sur la flamme

C’est dans la Guémara, traité Pessa’him page 54, que l’on trouve l’explication de l’utilisation d’une flamme lors de la havdala : c’est après le premier chabbat de la création, qu’Hachem a donné la connaissance à Adam Ha-Richone de frotter deux pierres ensemble pour faire du feu.

La lumière de la flamme que l’on utilise pour la Havdala sert également à marquer la différence entre le Chabbat, où il est interdit de faire du feu, et les jours de la semaine.

Toujours en gardant le verre dans la main gauche, on pose les aromates puis l’on récite la bénédiction sur la flamme :

  • בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, בּורֵא מְאורֵי הָאֵשׁ
  • Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui crées les lueurs du feu.
  • Baroukh ata Ado-nay, Elo-hènou, melekh ha‑olam, boré méoréi ha-ech.

Havdala sur du vinEn faisant la berakha, il est recommandé de replier l’extrémité des doigts de la main droite vers l’intérieur de la paume, le pouce couvert par les quatre autres doigts et de les incliner devant la flamme et devant soi afin de contempler le reflet de la lumière dans les ongles ainsi que sur la paume de la main.

Chaque personne écoutant la Havdala, doit profiter de la lumière. Il ne suffit pas que seul celui qui récite la en jouisse. C’est pourquoi il faudra que chaque personne soit suffisamment proche de la flamme pour pouvoir en profiter.

Nous avons l’habitude d’utiliser une bougie avec plusieurs mèches : un flambeau. Si on n’en a pas, on utilisera une bougie avec une mèche mais on joindra au moment de la bénédiction une autre flamme ou une allumette pour que cela ressemble à un flambeau.

On ne dit pas la bénédiction « …boré méoréi ha-ech. » sur une lumière électrique ni sur un néon. On ne récite pas non plus cette bénédiction sur une flamme qui est dans un bocal car les parois font séparation entre la flamme et la personne.

Si on n’a pas de flamme au moment de la Havdala, on peut encore réciter la berakha sur la flamme toute la nuit si on en trouve, mais plus le lendemain.

A l’inverse, si on ne peut réciter la Havdala (pas de vin ni de boisson alcolisée nationale, comme nous l’avons expliqué plus haut), on peut malgré tout réciter la bénédiction sur la flamme et sur les aromates.

 

La bénédiction de la havdala

 Enfin, on reprend la coupe dans la main droite, on récite la bénédiction de la havdala :

  • בָּרוּךְ אַתָּה ה’, אֱלהֵינוּ מֶלֶךְ הָעולָם, הַמַּבְדִּיל בֵּין קדֶשׁ לְחול וּבֵין אור לְחשֶׁךְ וּבֵין יִשְׂרָאֵל לָעַמִּים וּבֵין יום הַשְּׁבִיעִי לְשֵׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה.  בָּרוּךְ אַתָּה ה’, הַמַּבְדִּיל בֵּין קדֶשׁ לְחול
  • Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui distingues le sacré du profane, la lumière des ténèbres, Israël des autres peuples, le septième jour des six jours ouvrables, béni Tu es, Hachem, qui distingues le sacré du profane.
  • Baroukh Ata Ado-nay  élo-hénou mélèkh aholam hamavdil bein kodech lé’hol, ou bein Or Léhochekh oubein Israel Ia’amim ou bein yom hachévii léchéchèt yemei hamaasé. Baroukh ata Ado-nay hamavdil bein kodech léhol.

Celui qui récite la havdala boit la plus grande partie de la coupe ou au moins un revi’ith (8,6 cl).

 

Après la havdala

Apres la havdalail est important d’éteindre la flamme pour qu’on voit qu’elle n’a été allumée que pour les besoins de la havdala. Il convient de ne pas l’éteindre en soufflant dessus, certains ont la coutume de l’éteindre dans les restes du vin.

Certains ont l’habitude après avoir bu le vin de la havdala, d’y tremper le doigt et de se le passer sur les sourcils en signe d’affection pour cette mitsva. D’autres ont la coutume de mettre quelques gouttes de vin sur l’os de la nuque appelé « nashkoy » ou « louz », en rapport avec le repas de mélavé malka dont nous verrons les explications par la suite.

 

Sources : Guémara Massekhet Pessa’him page 54 – פסחים נד et Massaekhet Berakhot 33a, note édition Artscroll | Choul’han Aroukh, Chapitre 294 à 299 –  ש״ע סימן רצד עד רצט | Yalkout Yossef – Chabbat : Havdala – ילקוט יוסף – שבת : דיני הבדלה | Rav David Zenou au nom du Pekoudat Elazar, Noheg Behohma 54, Gueoulé Kehouna 40 | segoulot.com | techouvot

 

 

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