Chemita 5775

La Chemita : jachère septennale

5775 – 2014/2015 : Année de la Chemita

Les halakhot sur la Chemita sont extrêmement complexes et le sujet étant très étendu, chaque cas requiert une étude particulière. Ainsi nous invitons toutes les personnes habitant en Israel à consulter un Rav qualifié pour le questionner par rapport à leur situation.

Nous supposons également que très peu de nos abonnés possèdent un champ agricole. Nous passerons donc sur ces halakhot très complexes et difficiles à comprendre pour des personnes « non initiées » à l’agriculture.

 

Introduction à la Chemita

Depuis Roch Hashana 5775, nous sommes entrés dans l’année de la Chemita (année de jachère septennale). Comme nous le demande la Torah, « la septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un en l’honneur de l’Éternel. » (Vayikra 25, 4).

La terre d’Israel devient donc « kodech » (sacrée) et mise au repos pendant un an. Cette mitsva entraîne des conséquences sur les récoltes (céréales, , , fleurs, etc.)

La Chemita est composée de trois parties. Deux sont liées à la terre d’Israel et une est liée à l’argent.

  1. Chemita de la terre et des arbres :  C’est une mitsva de laisser reposer la terre et de ne pas travailler les arbres l’année de la Chemita.
  2. Chemita des fruits : les récoltes sont rendues « sans propriétaire ». Ainsi tout le monde peut se servir à condition de ne prendre qu’une petite quantité, équivalente à 3 repas. La vente des fruits et légumes est donc problématique. Les fruits étant « kadoch », il y a un temps pour les manger et il faut faire attention de ne pas les jeter ni les gâcher, etc.
  3. Chemita de l’argent : Tous les prêts sont annulés à la fin de l’année de la Chemita.

La Chemita de la terre et la Chemita des fruits sont limitées à la terre d’Israel, comme il est écrit : « …quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel. » ( 25, 2). En revanche, la Chemita de l’argent est en vigueur même en dehors d’Israël.

La Torah nous précise clairement, dans le 26e chapitre du livre Vayikra, que si le peuple juif ne respecte pas la chemita alors il sera exilé de sa terre.

Enfin pour conclure cette introduction, la mitsva de Chemita est liée à la terre et au peuple juif, ainsi de nos jours où les 12 tributs d’Israel ne sont pas encore présentes sur la terre d’Israel, d’après la majorité des décisionnaires, la Chemita n’est plus un commandement de la Torah mais un commandement « dérabannane » : maintenu par les Sages afin de ne pas oublier comment pratiquer cette mitsva.

Par conséquent, de nombreuses décisions rabbiniques ne seront pas appliquées de manière contraignante.

Chemita 5775 sur les fruits

 

Quelques raisons de la Chemita

De grands sages ont tenté de nous donner quelques explications pratiques de la mitsva de chemita afin de pouvoir mieux l’appréhender :

Raison Agricole
Le nous explique que si on travaille la terre sans s’arrêter, alors la terre va s’appauvrir et en particulier la terre d’Israel. Ainsi en restant en friche, la terre se bonifiera et deviendra plus fertile.

Raison Sociale
Le Rambam nous rapporte une raison donnée directement dans la Torah : tout le monde est à égalité, même les pauvres peuvent venir se servir car la récolte est rendue « sans propriétaire ». Elle appartient donc à tout le monde.

Raison Éducative
Le Sefer Ha’hinoukh nous explique que la Torah veut nous apprendre à se déposséder des choses donc à se déposséder de ses biens pendant cette 7e année, à donner aux autres et à ne pas vouloir accumuler sans limite.

Le Sefer Ha’hinoukh nous dit également que cette mitsva permet de se renforcer dans la confiance en D.

Le Rav Kook nous explique que grâce à la Chemita, l’homme renonce à ce « sacrilège » que constitue le soucis excessif de la propriété.

Ibn Ezra nous dit: « Le but de l’année chabbatique est de donner au peuple la possibilité d’étudier pendant un an entier. » Il nous explique que celui qui cultive sa terre peut en arriver à travailler non stop et ainsi ne pas avoir le temps d’étudier la Torah. Le but de l’année de la Chemita est donc de permettre au peuple juif d’étudier pendant un an.

Ainsi respecter l’année de la Chemita nous aide à comprendre et à concevoir que la terre appartient à Hachem, qu’Il a choisi la terre d’Israel pour nous et que tout vient de lui.

 

La Mitsva de « Tossefet Cheviit »

L’année de la Chemita commence le 1er Tichri (Roch Hachana) et se termine le soir du 29 Eloul (veille de Roch Hachana). Mais nous avons reçu une halakha de Moché Rabbenou lorsque nous étions devant le Mont Sinaï qui précise que lorsque le Beth Hamikdach existe, il est interdit de cultiver la terre 30 jours avant le début de la Chemita. C’est la mitsva de « Tossefet Cheviit » : il faut rajouter des jours « non Chemita » en Chemita. Ce concept existe également pour Chabbat. Nous avons l’habitude faire rentrer chabbat quelques minutes avant le coucher du soleil et nous retardons sa sortie également afin de montrer à Hachem notre attachement aux mitsvot.

Le labourage de la terre était quant à lui interdit à partir de Pessah de la 6e année. De même pour le travail sur les arbres, il était interdit depuis Chavou’ot de la 6e année.

Cependant, de nos jours où malheureusement nous n’avons plus le Beth Hamikdach, cette mitsva de « Tossefet Cheviit » n’existe plus et la majorité des travaux sont permis jusqu’à Roch Hachana. On se gardera symboliquement de faire des travaux interdits pendant la Chemita, seulement quelques minutes avant l’entrée de la fête de Roch Hachana.

Bien que la mitsva de « Tossefet Cheviit » n’est plus en vigueur de nos jours comme nous venons de l’étudier, il est interdit de planter un arbre fruitier 44 jours avant le début de la Chemita. Si on souhaite planter un arbre fruitier la 6e année, on peut le planter jusqu’à Tou béAv (15 Av).

Pour un arbre non fruitier, il sera permis de le planter jusqu’à 2 semaines (15 Eloul) avant le début de la Chemita (certains disent même jusqu’à la veille de Roch Hachana).

Toutes les graines (céréales, légumes, etc.) doivent être plantées 3 jours avant le début de la Chemita.

Ces durées évoquées correspondent au temps dont a besoin le végétal pour s’intégrer dans la terre et donc prendre racine.

 

Où s’applique la Chemita ?

Comme nous l’avons vu dans l’introduction, les lois de Chemita (de la terre et des arbres) concernent uniquement la terre d’Israel. En revanche, tous les endroits en Israel ne sont pas soumis aux mêmes règles halakhiques. En effet, les frontières d’Israel ont été définies par nos ancêtres lorsqu’ils ont conquis la terre après la sortie d’Egypte au temps de Yehoshou’a bin Noun. Puis après l’exil de Bavel, les juifs ont reconquis certaines parties de la terre mais pas toutes. Ainsi seules les parties re-conquises après l’exil de Bavel sont concernées par l’ensemble des lois de la Chemita.

1e Frontière d'Israel après la sortie d'Egypte

1e frontière d’Israel après la sortie d’Egypte

2e Frontière d'Israel après le retour de Bavel ©daat.ac.il

2e Frontière d’Israel après le retour de Bavel

 

Toutes les halakhot sur la Chemita sont applicables également dans un champs détenu par plusieurs associés, dans les jardins et espaces municipaux (de l’Etat ou de la ville) ou dans les cours des synagogues. Elles s’appliquent également dans les champs et terrains abandonnés ou non entretenus.

 

La chemita de la terre et des arbres

Semer et Planter

Il est interdit de planter et de semer toutes sortes de graines de céréales, légumes, arbres, fleurs, etc…jusqu’à la fin de la Chemita. L’interdit de planter un arbre pendant la Chemita concerne un arbre fruitier comme un arbre non fruitier. La greffe comme le bouturage sont inclus dans cet interdit.

Cet interdit inclut également l’ensemble des travaux qui vont bonifier la terre ou les arbres. De même, on ne peut pas recouvrir de terre les racines d’un arbre qui sortirait de la terre en grandissant pendant la Chemita.

Il reste néanmoins permis de jeter les pépins et noyaux de fruits dans le jardin car l’intention n’est pas de semer.

Il est permis pendant l’année de la Chemita de mettre un noyau d’avocat dans de l’eau. De même, il sera permis de mettre des fleurs dans l’eau.

Si quelqu’un a semé volontairement ou involontairement, il faudra, dans tous les cas, déraciner ce qui a été planté.

Cependant, si un arbre a quand même bénéficié de travaux interdits pendant l’année de la Chemita, à posteriori ses fruits restent permis pour la consommation.

Déplacer un arbre d’un endroit à l’autre est permis dans certains cas, à condition que les racines soient entourées de terre et que l’arbre puisse vivre 14 jours ainsi.

 

Moissonner et Récolter

Chaque année, on a l’habitude de moissonner son champ ou de récolter tous les fruits d’un arbre en une seule fois. Il sera interdit d’en faire de-même durant l’année de la Chemita : il faudra cueillir uniquement pour les besoins de la maison, à savoir la quantité requise pour 3 repas. Il sera bien également de ne pas utiliser un outil spécialisé pour la récolte (comme un sécateur par exemple) mais de les cueillir d’une manière différente (avec la main, un couteau etc.).
Cet interdit concerne même un champ qui a été rendu Efker, sans propriétaire.

De même, si on souhaite faire de l’huile avec les olives que l’on vient de récolter ou du vin avec les raisins, il ne faudra pas les amener dans un pressoir habituellement utilisé chaque année mais on les pressera dans une bassine ou un bol afin de marquer une différence.

Les fruits qui ont grandi pendant la sixième année et que l’on récolte lors de la septième année (l’année de la Chemita) pourront être cueillis avec des outils spécialisés puisqu’ils n’ont pas de  « Kedouchat Cheviit ».

 

Labourage

Il est interdit de labourer un champ utilisé pour les céréales, les légumes ou les arbres fruitiers pendant l’année de la Chemita. Il est également interdit de le labourer pendant la septième année pour pouvoir ensuite y semer dès la fin de la Chemita.

Il est interdit également de creuser un trou autour de l’arbre pour mieux l’arroser pendant la Chemita. Cependant, si on sait que cette action est nécessaire à la survie de l’arbre et va l’empêcher de mourir alors il sera permis de le faire.

 

L’arrosage

Chemita de la terre - LabourageIl est interdit d’arroser durant l’année de la Chemita. Cependant les Sages ont permis d’arroser un champ dont les pluies n’auraient pas comblé son besoin en eau.
Ainsi il est permis d’arroser uniquement pour ne pas entrainer un dommage ou la mort de l’arbre ou de la végétation. Néanmoins, il sera interdit d’arroser lors de la saison des pluies.

Cette permission d’arroser pour ne pas entrainer la perte du végétal n’est en vigueur que pour les arbres dont on peut manger les fruits et pour les légumes, les fleurs et les herbes aromatiques qui ne sont pas concernés par l’interdit de « Sfi’hin ». Mais pour tous les autres, il est interdit de les arroser. (nous étudierons dans les semaines à venir l’interdit de « Sfi’hin » et le problème avec les légumes)

 

Les engrais

Il est interdit d’utiliser des engrais pendant l’année de la Chemita que ce soit pour les besoins de la septième année ou pour les besoins de la huitième année afin de préparer le champ.

Si un arbre risque de mourir si on n’utilise pas un peu d’engrais alors il sera permis d’en mettre avec parcimonie. Pour ce sujet précis, il est indispensable de consulter un Rav qualifié avant.

 

Annulation de propriété

Une des mitsvot de la Torah concernant l’année de Chemita est de rendre « efker » (sans propriétaire), tout ce qui pousse dans la terre et sur les arbres, dans son champ, son jardin, etc
Ainsi cette mitsva implique qu’il est interdit de fermer à clé la porte de notre propriété afin de ne pas empêcher l’accès à un champ, une vigne, un verger ou un jardin contenant des arbres fruitiers.

Pour que la récolte devienne sans propriétaire, il faut que le propriétaire du champ en question, rende cette récolte sans propriétaire de manière intentionnelle car la récolte ne devient pas automatiquement « efker ».

Seule la récolte est rendue « sans propriétaire ». Ainsi toute personne qui entre dans un champ ou un jardin pour cueillir des fruits devra faire attention de ne pas abîmer les arbres qui eux, appartiennent toujours au propriétaire.

Ces fruits de la septième année sont uniquement destinés aux juifs. Ainsi si on craint que des non juifs viennent se servir dans le champ, il est possible de laisser la porte fermée ou d’y mettre un gardien à l’entrée.

Les fruits de la sixième année se trouvant encore sur les arbres pendant la septième année ne sont pas concernés par cette halakha. Il sera donc interdit de les prendre.

De plus, celui qui entre dans un champ pour récolter des fruits ou légumes « sans propriétaire » ne pourra prendre que l’équivalent de 3 repas et pas plus.

Cependant, de nos jours, nous avons l’habitude d’aller au supermarché une fois par semaine. Il sera donc permis de prendre dans les champs l’équivalent de notre panier de courses pour une semaine.

 

La « sainteté » des récoltes de la septième année : Kedouchat Chevi’it

Définition : « Kedouchat Chevi’it »

La Torah nous enseigne que les récoltes de céréales, de légumes et de fruits de la septième année possèdent une kedoucha (« une sainteté ») particulière. Cette « sainteté » spécifique a une incidence sur la manière de les consommer, de les vendre, de les conserver, etc.
Cette « kedoucha » est limitée aux plantations en Israel (comme nous l’avons déjà expliqué), concerne ce qui est consommable par l’homme ou par l’animal, mais également ce qui a un usage spécifique (pour les besoins de l’homme) comme les colorants naturels, les plantes médicinales, etc.

Ce statut de « kedouchat chvi’it » (sainteté de la septième année) est uniquement valable sur des récoltes provenant d’un champ en Erets Israel dont le propriétaire est juif. Mais sur un champ en Erets Israel dont le propriétaire n’est pas juif, les récoltes ne sont pas « saintes ».

Un végétal ( tout ce qui pousse dans la terre) sera considéré « kadoch » la septième année seulement si le profit de ce végétal se manifeste en même temps que sa destruction. C’est à dire que lorsque l’homme en tire profit, ce végétal disparait du monde. Mais lorsque la destruction est dissociée du profit alors il n’y aura pas de sainteté particulière durant la 7e année. Par exemple, il n’y a pas de « kedouchat chvi’it » sur du bois de chauffage : le profit de la chaleur arrive uniquement après la consommation du bois et sa transformation en braise.

Les légumes et les fruits qui poussent lors de la septième année sous une tente ne sont pas soumis à la règle de « Kedouchat Chevi’it ». On pourra les consommer normalement car ils n’ont pas de « sainteté » particulière.

Les truffes et les champignons n’ont pas de « sainteté » la septième année car ces végétaux ne se nourrissent pas de la terre.

 

Comment les consommer ?

Les récoltes de la septième année devront être consommées de la manière dont on a l’habitude de les consommer. On mangera ce qu’on a l’habitude de manger, on boira ce qu’on a l’habitude de boire, ce qui se mange cru ne pourra pas être cuit, ce qui se mange cuit ne pourra pas être cru.

Ainsi on ne pourra pas faire une confiture de pastèque car ce n’est pas une façon habituelle de manger de la pastèque. En revanche, on pourra faire une confiture d’abricot. On ne pourra pas manger un concombre cuit ni une courgette cru car ce n’est pas l’habitude de les consommer ainsi.

 

Ne pas les gâcher

Etant donnée cette sainteté particulière, il est important de ne pas gâcher les fruits, légumes… et de ne pas les abîmer tant qu’ils restent consommables par l’homme ou même par un animal.

Poubelle ChemitaAinsi on ne pourra pas jeter des restes (en quantité non négligeable) d’une casserole ou d’une marmite directement dans la poubelle car on les gâcherait. On prendra soin de les mettre dans un sac en plastique ou en nylon avant de les jeter dans la poubelle. De ce fait, les restes n’étant pas en contact direct avec les autres déchets, ils pourraient donc être encore consommés. Ainsi on ne les gâchera pas directement mais on entraînera leur perte, ce qui n’est pas interdit. Une personne zélée dans les mitsvot préférera réserver une poubelle spécifique pour y jeter les restes d’aliments « saints » afin de les laisser se détériorer par eux même avant de les jeter dans la poubelle classique une fois qu’ils ne seront plus consommables.

Il est permis d’éplucher un aliment « kadoch » comme on en a l’habitude les autres années. En revanche, les épluchures comestibles comme la peau des pommes, des poires, etc ne pourront être jetées directement. Il faudra les mettre dans un sac plastique ou en nylon ou les mettre dans la « poubelle de la chemita » avant de les jeter.

Les fruits et les légumes de l’année de la Chemita se mangent comme s’en est l’habitude. Lorsqu’on a terminé de manger, il n’est pas nécessaire de se préoccuper de ce qui reste habituellement dans l’assiette ou dans le plat et il sera permis de jeter ces restes dans la poubelle normalement. Mais s’il reste une quantité non négligeable (une portion par exemple) que l’on a l’habitude de conserver et de ne pas jeter, il ne sera pas possible de la jeter à la poubelle. On la conservera ou on la placera dans un sac plastique ou en nylon ou on le mettra dans la poubelle de la chemita avant de les jeter comme nous l’avons vu précédemment.

On pourra donner des fruits et des légumes « kadoch » à un bébé en âge de manger des fruits ou des légumes même si on sait qu’une partie va être gâchée, car c’est ainsi sa façon de manger.

Il est important de ne pas gâcher ni d’altérer la qualité d’un fruit « kadoch ». Ainsi on ne pourra pas se servir d’un fruit « kadoch » pour adoucir ou faire passer le mauvais goût d’un médicament. On ne pourra pas non plus manger un fruit « kadoch » si on est rassasié.

Des fruits et légumes « kadoch », consommés habituellement par l’homme, ne pourront pas être donnés à manger à un animal. De même un aliment « kadoch » consommé exclusivement par des animaux ( graine, pousse spécifique…) ne pourra pas être mangé par l’homme pendant la septième année.

On ne pourra pas donner à manger des fruits de la septième année à un non-juif.

 

Du vin de Chemita

On peut utiliser le vin de Chemita pour le et pour les 4 verres que l’on doit boire le soir de Pessa’h. En revanche, on ne pourra pas l’utiliser le soir de Pessa’h lorsque l’on verse le vin en recitant les dix plaies car ce vin est destiné à être jeté et non consommé et c’est interdit de gâcher le vin de Chemita.

De meme pour la Havdala, si on utilise du vin de Chemita, on ne pourra pas faire déborder le verre ni éteindre la bougie avec ce vin et il faudra obligatoirement finir complètement le verre, afin de ne pas gâcher le vin de la chemita. Il est donc préférable de ne pas utiliser du vin de Chemita pour faire Havdala.

 

Presser des fruits « Kedochim »

Il est interdit d’extraire le jus des fruits qui n’ont pas l’habitude d’être pressés. Ainsi on ne pourra pas faire du miel de dattes ou du cidre avec la pomme. En revanche, on pourra faire de l’huile avec des olives et du vin avec du car c’est ainsi l’habitude.

Dans un cadre permis, lorsqu’on extrait le jus d’un fruit kadoch, le jus est « kadoch ». Il faudra donc ne pas le gâcher comme nous l’avons déjà étudié.

Chemita - Presser des fruitsIl est permis de presser des oranges, des citrons et des pamplemousses puisque c’est l’habitude de faire des jus avec ces fruits. De même, il sera permis de presser un citron « kadoch » au dessus d’un poisson par exemple car on a l’habitude de se servir du citron de cette manière. De nos jours, il est également permis de faire du jus de carottes, mais certains préfèrent s’en abstenir. Il est également permis de moudre de l’ail et de l’oignon pour agrémenter par exemple des boulettes de viande ou de broyer des noix, des amandes, etc pour préparer un gateau.

De manière générale, il est permis d’écraser un fruit ou un légume « kadoch » qui a l’habitude d’être écrasé (comme la banane ou l’avocat) sans craindre qu’un peu de jus va s’en écouler.

Pour un bébé, il sera permis d’écraser tous les fruits et légumes « kedochim » même si ce n’est pas l’habitude.

 

L’interdit de faire du Commerce avec les récoltes de la 7e année

Il est dit dans la Torah : « Ce sol en repos vous appartiendra à tous pour la consommation » (Vayikra 25, 6). Les sages ont déduit du verset « pour la consommation » que les récoltes nous appartiennent seulement pour satisfaire tous nos besoin et donc ni pour le commerce, ni pour les gâcher. Ainsi, il est interdit de faire du commerce avec les récoltes de l’année de Chemita ou de les gâcher. Certains déduisent également de ce verset qu’il y a une mitsva de manger ces fruits et légumes.

Les sont également concernées par cet interdit.

On peut donner la Tsedaka avec des fruits de la Chemita à un pauvre qui se présente, mais il ne sera pas possible de régler une dette avec les récoltes de la 7e année.

Il est néanmoins possible de vendre des fruits et légumes de la Chemita qu’à la condition de n’en vendre qu’une petite quantité (l’équivalent de 3 repas). Et lorsqu’on les vendra, il sera interdit de les vendre à l’unité ou en les pesant mais il faudra donner à l’acheteur une quantité approximative. C’est à dire qu’il ne faudra pas compter précisément la quantité vendue afin que cette vente ne soit pas considérée comme du commerce.

 

Nous avons essayé de vous transmettre un aperçu de ce sujet si complexe et si profond. Pour tout approfondissement et pour toute question nous vous conseillons de vous tourner vers un Rav qualifié pour le questionner précisément.

 

Chabbat Ha-Arets Chalom

 

Versets de la Torah :

  • Vayikra 25, 1-7

1. L’Éternel parla à moïse au mont Sinaï, en ces termes: 2. « Parle aux d’Israël et dis-leur: Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel. 3. Six années tu ensemenceras ton champ, six années tu travailleras ta vigne, et tu en recueilleras le produit; 4. mais, la septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel. Tu n’ensemenceras ton champ ni ne tailleras ta vigne. 5. Le produit spontané de ta moisson, tu ne le couperas point, et les raisins de ta vigne intacte, tu ne les vendangeras point: ce sera une année de chômage pour le sol. 6. Ce sol en repos vous appartiendra à tous pour la consommation: à toi, à ton esclave, à ta servante, au mercenaire et à l’étranger qui habitent avec toi; 7. ton bétail même, ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront se nourrir de tous ces produits.Vayikra 25, 1-7

א וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה, בְּהַר סִינַי לֵאמֹר. ב דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, כִּי תָבֹאוּ אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אֲנִי נֹתֵן לָכֶם–וְשָׁבְתָה הָאָרֶץ, שַׁבָּת לַיהוָה.  ג שֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְרַע שָׂדֶךָ, וְשֵׁשׁ שָׁנִים תִּזְמֹר כַּרְמֶךָ; וְאָסַפְתָּ, אֶת-תְּבוּאָתָהּ. ד וּבַשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת, שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן יִהְיֶה לָאָרֶץ–שַׁבָּת, לַיהוָה:  שָׂדְךָ לֹא תִזְרָע, וְכַרְמְךָ לֹא תִזְמֹר.  ה אֵת סְפִיחַ קְצִירְךָ לֹא תִקְצוֹר, וְאֶת-עִנְּבֵי נְזִירֶךָ לֹא תִבְצֹר:  שְׁנַת שַׁבָּתוֹן, יִהְיֶה לָאָרֶץ.  ו וְהָיְתָה שַׁבַּת הָאָרֶץ לָכֶם, לְאָכְלָה–לְךָ, וּלְעַבְדְּךָ וְלַאֲמָתֶךָ; וְלִשְׂכִירְךָ, וּלְתוֹשָׁבְךָ, הַגָּרִים, עִמָּךְ.  ז וְלִבְהֶמְתְּךָ–וְלַחַיָּה, אֲשֶׁר בְּאַרְצֶךָ:  תִּהְיֶה כָל-תְּבוּאָתָהּ, לֶאֱכֹל.

ויקרא כה, א-ז

 

  • Vayikra 25, 20-22

20. Que si vous dites: « Qu’aurons-nous à manger la septième année, puisque nous ne pouvons ni semer, ni rentrer nos récoltes? »; 21. Je vous octroierai ma bénédiction dans la sixième année, tellement qu’elle produira la récolte de trois années; 22. et quand vous sèmerez la huitième année, vous vivrez sur la récolte antérieure: jusqu’à la neuvième année, jusqu’à ce que s’effectue sa récolte, vous vivrez sur l’ancienne.Vayikra 25, 20-22

כ וְכִי תֹאמְרוּ, מַה-נֹּאכַל בַּשָּׁנָה הַשְּׁבִיעִת:  הֵן לֹא נִזְרָע, וְלֹא נֶאֱסֹף אֶת-תְּבוּאָתֵנוּ. כא וְצִוִּיתִי אֶת-בִּרְכָתִי לָכֶם, בַּשָּׁנָה הַשִּׁשִּׁית; וְעָשָׂת, אֶת-הַתְּבוּאָה, לִשְׁלֹשׁ, הַשָּׁנִים. כב וּזְרַעְתֶּם, אֵת הַשָּׁנָה הַשְּׁמִינִת, וַאֲכַלְתֶּם, מִן-הַתְּבוּאָה יָשָׁן; עַד הַשָּׁנָה הַתְּשִׁיעִת, עַד-בּוֹא תְּבוּאָתָהּ–תֹּאכְלוּ, יָשָׁן.

ויקרא כה, כ-כב

 

Six jours tu travailleras et le septième jour tu chômeras; labourage et moisson seront interrompus.Chemot 34-21

כא שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי תִּשְׁבֹּת; בֶּחָרִישׁ וּבַקָּצִיר, תִּשְׁבֹּתשמות לד, כא

 

Sources : Choukhan Aroukh Yoré Dé’ah Chapitre 331 / Yalkout Yossef Chapitre Halakhot Troumot et Chemita / Traduction des versets de la Torah : Sefarim.fr

 

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