Bénédictions du matin - Birkot Hachahar

Bénédictions du matin – Birkot Hacha’har

 – Introduction

Birkot Hacha’har signifie en français « Les bénédictions du matin » (voir vos livres de prières). Nous exprimons à travers ces berakhot notre reconnaissance envers Hachem pour tous les bienfaits qu’il nous prodigue. De plus, toutes ces bénédictions ont été instituées en raison du fait qu’il est interdit à l’homme de profiter des bienfaits de ce monde sans bénir le Créateur.

Il faut dire chaque jouraprès s’être levétoutes les bénédictions du matin même dans les cas où l’on n’est pas concerné par certaines d’entre-elles parce qu’elles ont été instaurées d’après le comportement de la majorité des hommes dans le but de louer Hachem et qu’elles recèlent d’allusions merveilleuses.

Cependant quelques exceptions subsistent : on ne récitera pas Netilath Yadayim du matin si on a veillé, Acher Yatsar si on n’a pas été aux toilettes et Chéassa li kol tsorki le jour de Kippour et du 9 av, etc.

Les  sont également soumises à l’obligation de dire les bénédictions du matin.

Il faut aussi éduquer les à dire les bénédictions.

Nous avons le minag (habitude) de réciter toutes les bénédictions du matin depuis Acher Yatsar, si on a été aux toilettes sinon depuis Eloquaï Nechama jusqu’à la fin des bénédictions de la Torah  sans interruption.

Eloquaï, Néchama…

C’est une bénédiction envers Hachem afin de Le remercier d’avoir rétabli notre vitalité au réveil en nous rendant une âme pure d’origine divine qu’Il finira par nous reprendre, après 120 ans, pour nous la restituer lors de la venue du Mashia’h et de la résurrection des morts, très bientôt, .

Birkot Hacha’har - Bénédictions du matinOn doit prononcer cette berakha tout de suite après celle d’Acher Yatsar car il est important que ces deux bénédictions soient juxtaposées ! Une des raisons de cette association est qu’ concerne notre corps (matériel) tandis qu’Eloquaï, Néchama... concerne notre néchama (spirituelle).

Il est important de faire une pause entre les mots « Eloquaï » et « Néchama » pour qu’ils ne puissent pas être compris comme signifiant « mon âme, mon D.« , ce qui pourrait signifier « mon âme est ma divinité ».

Si on a déjà prié Cha’harit (c’est à dire la ‘Amida) et qu’on s’aperçoit qu’on a oublié de réciter les bénédictions du matinon ne pourra plus redire la bénédiction de Eloquaï Néchama car on s’est déjà acquitté de cette bénédiction par celle de « Mé’hayé Hamétim » (« qui ressuscite les morts« ) dans la ‘Amida qui traite du même sujet (résurrection des morts).

 

Hanoten lasekhvi (discernement)

Le mot sekhvi fait référence au coeur qui est imprégné de discernement (Job 38:36) : cette bénédiction exprime donc notre gratitude envers Hachem pour avoir reçu la capacité de distinguer le jour de la nuit. Le mot sekhvi fait aussi référence au coq, qui possède également cette faculté. La bénédiction « hanoten lasekhvi » a donc été formulée ainsi :

Béni Tu es Hachem, notre D., Roi de l’univers, qui donnes au coq le discernement pour distinguer le jour de la nuit.

Si l’on s’est levé avant l’aube ou si l’on a pas entendu le chant du coq, on devra quand même dire cette berakha.

Pokéa’h ‘ivrim

… qui ouvres les yeux des .

Cette berakha est un remerciement envers D. car nos yeux sont fermés et obscurcis pendant le sommeil et ils s’ouvrent quand on se réveille.

Les aveugles ont également l’obligation de la dire car les berakhot ont été instituées d’après le comportement de la majorité des hommes (comme nous l’avons vu avant).

Matir assourim & Zokef kéfoufim

Matir assourim
… qui délivres les prisonniers.

Zokef kéfoufim
… qui redresses ceux qui sont courbés.

Si on a inversé l’ordre et qu’on a dit la bénédiction Zoqef kéfoufim avant celle de Matir assourim, on ne pourra plus dire la bénédiction matir Assourim. En effet, il est plus grave d’être courbé que d’être enchaîné.

Même une personne alitée devra dire la bénédiction Zoqef kéfoufim malgré qu’elle ne puisse se relever car ces berakhot ont été instituées d’après les usages pratiqués par la majorité des hommes.

Malbich ‘aroumim & Hanoten laya’ef koa’h

Malbich ‘aroumim
… qui habilles ceux qui sont dévêtus. 

Hanoten laya’ef koa’h
… qui redonnes des forces à ceux qui sont épuisés.

Le sens de ces berakhot étant très profond, il est difficile de les expliquer. Néanmoins, nous pouvons dire que ces 2 berakhot expriment notre remerciement à Hachem qui « habille » et donne de la force chaque jour à notre néchama.

Roka’ haaretz ‘al hama’yim & Hamekhin mits’adé-gaver

Roka’ haaretz ‘al hama’yim
… qui étends la terre sur les eaux.

Hamekhin mits’adé-gaver
… qui règles les pas de l’homme.

Ces berakhot expriment notre reconnaissance à Hachem qui, lors de la création, a respectivement fait que les eaux soient limitées et n’engloutissent pas la terre  et a réglé et guidé les pas de l’homme au quotidien.

Chéassa li kol tsorki

… qui a pourvu à tous mes besoins.

Cette berakha a été instituée à propos des chaussures, car on ne peut subvenir à tous nos besoins pieds nus. Ainsi dès qu’on se chausse, c’est comme si tous nos besoins étaient satisfaits puisque maintenant on est en mesure de les satisfaire.

De plus, une personne chaussée peut sortir de sa maison afin de subvenir à tous ses besoins alors que celui qui est pieds-nus ne le peut pas. (Aboudraham)

Ozer Israel bigvoura

…qui ceins Israël de puissance.

Le sens de cette bénédiction est simple : elle signifie que Hachem est toujours là pour donner de la force à Israël. La ceinture est un symbole de puissance à l’image d’un guerrier qui y suspend ses armes. (Aboudraham)

Cette bénédiction et la suivante différent des autres car elles concernent tout le peuple d’Israel et non plus uniquement la personne qui les dit.

‘Oter Israel betifara

…qui couronnes Israël de splendeur.

Bien que les non-juifs portent eux aussi une ceinture et un couvre chef, les Juifs ont une raison particulière de le faire. nous ne pouvons prier si notre tête n’est pas couverte et si une séparation n’est pas établie entre les parties supérieures et inférieures du corps (ceinture).

De plus, nous devons avoir la tête couverte afin d’accentuer notre crainte d’Hachem. (Pricha, Ora’h ‘Haïm 46:8)

Chélo ‘assani goy/goya

…qui ne m’as pas fait non juif/juive.

Cette berakha exprime un remerciement envers Hachem de ne pas nous avoir « fait » non-juif.

Nos sages demandent : pourquoi remercie-t-on Hachem de ne pas nous avoir « fait » non-juif Il aurait été plus naturel de Le remercier directement de nous avoir fait juif, d’autant plus qu’on a l’habitude de remercier Hachem pour ses actions de bienveillance (‘hessed) et non pas pour ce qu’Il ne nous accorde pas.

Une des réponses à cette question est que si on avait dit la bénédiction « qui nous a fait juif« , on n’aurait pas pu réciter ensuite les 2 autres bénédictions qui suivent (esclave et femme) car elles auraient été automatiquement incluses.

Chélo ‘assani ‘aved/chif’hah

… qui ne m’as pas fait(e) esclave.

Cette berakha exprime un remerciement envers Hachem qui nous a fait libre. Libre de choisir notre chemin.

Chélo ‘assani icha

…qui ne m’as pas fait femme. 

Cette bénédiction soulève la fameuse question : en effet, à chaque génération, il y a des femmes exceptionnelles, de vraies echet ‘haïl (femmes vertueuses) et à l’inverse combien d’hommes ont « mal tourné« , etc… ! Comment comprendre que les sages aient institué cette berakha ?

Comme les hommes sont concernés par la majorité des mitsvot alors que les femmes sont dispensées des mitsvot liées au temps, ils ont le devoir de remercier Hachem de ne pas les avoir fait « femme » et ainsi d’avoir la possibilité d’accomplir plus de mitsvot.

Les femmes remplaceront cette bénédiction par « Ché’assani kirtsono« .

Ché’assani kirtsono

…qui m’a fait selon Ta volonté.

Comme nous l’avons vu au dessus, les femmes n’étant pas concernées par la majorité des mitsvot, elles remplacent la bénédiction « chélo ‘assani icha » par « ché’assani kirtsono » ce qui signifie qu’elles reconnaissent la justice, la droiture et la perfection de la Création.

Il ne s’agit pas d’une distinction péjorative entre l’homme et la femme, bien au contraire. Selon l’esprit de notre sainte Torah, la femme est très honorée comme l’enseignent nos maitres. Mais, nos sages étant en désaccord sur l’obligation de réciter cette bénédiction,  les femmes n’y mentionnent pas le nom d’Hachem.

Hama’avir ‘hévlé chéna mé’énaye outnouma m’af’apaye

…qui ôtes de nos yeux les entraves du sommeil et de nos paupières l’assoupissement. 

Il parait évident qu’après avoir dormi, on soit reposé ! Pourtant être revigoré et reposé après avoir dormi est un réel bienfait qu’Hakadoch Baroukh Hou nous apporte chaque jour.

A travers cette bénédiction, on remercie donc Hachem de nous avoir donné un repos réparateur.

Yehi Ratson […] chétatsiléni hayom…

… préserve moi aujourd’hui…

C’est une prière afin d’être préservé et protégé de toutes les choses négatives qui peuvent nous arriver durant cette nouvelle journée.

Cette prière a été composée et instituée par Rabbi Yéhouda Hanassi (qui est le compilateur de la Mishna).

 

 

Puis les bénédictions du matin continuent avec les bénédictions de la Torah.

Cliquez ici pour retrouver le dossier complet sur les Birkot haTorah.

 

Sources : Choulkhan Aroukh chapitre 1 et 46, ש׳׳ע סימן א-מו voir Michna Beroura | Ben Ich ‘Hai Vayéchèv 1e Année – שנה א | voir commentaire Artscroll, Berakhot 60: – :ברכות ס | Sidour du ‘Hida

 

 

3 comments

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