Allumage des bougies de Chabbat

Bougies de Chabbat - Nerot de Chabbat

L’importance de l’allumage des bougies de

Allumer une lumière avant Chabbat est une obligation imposée par nos Sages. 

On doit allumer les nerot de chabbat dans la salle à manger car un repas n’est considéré comme important qu’à condition qu’il y ait de la lumière puisque si l’on mange dans l’obscurité, on ne prend pas plaisir à manger. Une des raisons pour laquelle on doit allumer les bougies de chabbat est donc le ‘Oneg Chabbat (le plaisir de chabbat).

Une autre raison d’allumer les nerot de chabbat est pour le chalom bait (la paix du foyer), car s’il n’y a pas de lumières, on risque de trébucher et ainsi s’énerver les uns envers les autres…

Il faut accorder un soin particulier à cette mitsva en allumant de belles lumières car il est écrit dans la Guémara (traité Chabbat, page 23b) « Rav Houna dit : Celui qui a l’habitude d’allumer de belles lumières mérite d’avoir des fils érudits. » Car il est écrit « Car la mitsva est une lampe et la Torah est une lumière » (Michlei 6:23). Ainsi en observant le commandement d’allumer les nerot de chabbat (et celles de ‘Hanouka), on amène au monde la lumière de la Torah.

Il est donc important que les prient après l’allumage pour demander à Hachem de leur accorder des fils érudits qui rayonnent par leur Torah.

D’après la stricte Halakha, il suffit d’allumer une seule lumière en l’honneur de Chabbat. Mais nous avons l’habitude d’en allumer au moins deux : une pour « Zakhor«  (se souvenir) et une pour « Chamor«  (garder). En effet, dans la Torah, les 10 commandements sont mentionnés à deux reprises et le 4e commandement, celui concernant Chabbat, commence une fois par Zakhor et une fois par ChamorEn allumant 2 nerot, on atteste vouloir se souvenir du Chabbat et le garder.

Plus on allume de lumières en l’honneur de Chabbat et plus on a du mérite. Certaines femmes ont l’habitude d’en allumer sept et même plus, d’autres en allument une pour chaque membre du foyer et en ajoutent une à chaque nouvelle naissance.

Même un pauvre qui n’a pas de quoi se nourrir a l’obligation d’allumer une lumière du Chabbat. Il doit aller de porte en porte pour demander de l’huile ou une bougie pour allumer car les nerot font partie du ‘Oneg Chabbat (la joie du Chabbat).

 

Qui a l’obligation d’allumer les nerot de shabbat ?

Aussi bien les hommes que les femmes ont l’obligation d’allumer au moins une lumière dans leur maison pour Chabbat. Comme nous l’avons vu plus haut, nous avons l’habitude d’en allumer au moins deux. En revanche, cette mitsva incombe prioritairement à la femme car elle représente « l’âme du foyer«  : elles veillent aux besoins du foyer et s’y trouvent en permanence.

Il est bien que ce soit l’homme qui s’occupe de préparer les nerot de Chabbat.

Le cas d’une femme/homme seul

Une femme ou un homme vivant seul(e) (célibataire, veuve/veuf, divorcé(e)) est également soumis(e) à l’obligation d’allumer les bougies de chabbat et des fêtes.

De même pour celui dont l’épouse, pour une raison quelconque, n’allume pas, il doit allumer lui-même et réciter la berakha.

Le cas d’un mari qui voyage seul

Si un homme voyage seul et que sa femme allume déjà les lumières de chabbat dans sa maison, il devra malgré tout allumer les bougies de chabbat à l’endroit où il passe chabbat.

Le cas des filles célibataires

Les jeunes filles séfarades célibataires qui habitent chez leurs parents et dépendent d’eux, n’ont aucune obligation d’allumer les nerot de shabbat, et les Séfaradim n’ont jamais eu cette habitude. Elles n’ont donc pas le droit non plus de réciter la berakha. Elles devront écouter celle récitée par leur mère et y répondre Amen.

Le cas d’un élève en internat

Un élève (fille ou garçon) qui habite en Internat doit allumer les nerot de shabbat dans sa chambre à coucher en utilisant suffisamment de combustible afin que les bougies brûlent encore à son retour après le repas. Dans le cas où plusieurs personnes dorment dans une chambre, une seule allumera les nerot et les autres écouteront la berakha et seront acquittées de leur obligation.

Le cas d’une fille mariée chez ses parents/beaux-parents

Une fille mariée qui passent chabbat avec son mari, chez ses parents ou ses beaux-parents, doit allumer les nerot de shabbat dans la chambre qui leur a été mise à disposition avec berakha alors que la maîtresse de maison allumera les nerot dans la salle à manger avec berakha normalement.

Le cas d’un invité

Un invité (dans sa famille ou chez des amis) à qui on met une chambre à disposition complète, devra allumer les nerot de shabbat avec berakha dans sa chambre. En revanche, l’usage est d’être acquitté par l’allumage de la maîtresse de maison.

Si l’on est invité le vendredi soir et qu’on rentre dormir chez soi ensuite, il faudra allumer avant de partir et mettre suffisamment d’huile ou utiliser une bougie suffisamment grande pour que les nerot brillent toujours lorsqu’on rentre. Si ce n’est pas possible, on allumera avant de partir sans réciter la berakha.

Le cas du chabbat à l’hôtel

Si on passe chabbat à l’hôtel, seul ou en famille, on devra allumer les nerot de shabbat dans sa chambre en récitant la berakha. 

Mais si l’hôtelier craint les risques d’incendie et ne permet pas l’allumage dans les chambres, on peut allumer avec berakha dans la salle où se déroulera le repas de chabbat. En revanche, si d’autres personnes ont déjà allumé leurs lumières de chabbat dans cette salle, il faudra allumer les nerot sans réciter la berakha. On pourra toutefois réciter la berakha sur une lumière électrique qu’on aura préalablement allumée dans sa chambre avant d’allumer les bougies dans la salle prévue pour l’allumage.

Le cas d’un aveugle

Une aveugle allume également les nerot de shabbat avec berakha car elle jouit de la lumière qui permet aux autres de voir et de l’aider et la diriger. Mais si elle est mariée avec un voyant, il est préférable que ce soit lui qui allume et récite la berakha.

 

Comment accepter le Chabbat ?

Les femmes

Il existe une discussion chez nos sages concernant la réception du chabbat.

En effet, un décisionnaire pense que l’on reçoit chabbat en récitant la bénédiction. C’est pourquoi, selon cet avis, il faudra allumer les nerot puis réciter la berakha. Les ashkénazim suivent cet avis.

Pour d’autres décisionnaires, d’une part la réception de chabbat est indépendante de l’allumage et d’autre part, il faut réciter la bénédiction avant d’allumer les nerot tout comme on récite une bénédiction avant d’accomplir n’importe quelle mitsva. Dans ce cas, puisqu’on ne reçoit pas chabbat automatiquement par l’allumage, si une femme souhaite tout de même recevoir chabbat en allumant, nos sages disent qu’elle doit d’abord terminer l’allumage de toutes les lumières puis accepter le chabbat de vive voix.

Les sefardim suivent ce second avis. Cependant, dans la majorité des communautés séfarades d’Afrique du Nord, la coutume est de faire la berakha après avoir allumé les nerot et ainsi recevoir le Chabbat automatiquement par la berakha, comme pour les ashkenazim. Le Ben Ich ‘Hai nous enseigne que dès que la femme a terminé d’allumer les nerot, elle doit immédiatement se débarrasser de l’allumette et placer aussitôt ses mains sur ses yeux qu’elle doit garder fermés (pour ne pas profiter de la lumière avant d’avoir récité la bénédiction) et réciter la berakha sans attendre. Ensuite, elle ouvrira ses yeux et contemplera les lumières et leur lueur se répandre.

Concernant une femme qui reçoit chabbat en récitant la berakha après avoir allumé,la partie du jour restante avant le coucher du soleil est à présent sanctifiée. Elle n’a donc plus le droit de travailler ni de faire des travaux interdits (à l’exception de certains cas précis que l’on ne détaillera pas ici). De même, elle ne pourra plus manger ni boire jusqu’au Kiddouch. C’est aussi la raison, comme l’enseigne le Ben Ich ‘Hai, pour laquelle certaines femmes n’éteignent pas l’allumette dont elles se sont servies pour allumer mais la jettent dans une coupelle afin que l’allumette s’éteigne toute seule.

Cependant pour l’avis selon lequel le fait d’accepter le chabbat ne dépend pas de l’allumageles femmes ont donc le droit de continuer à travailler et à manger et boire également après l’allumage et ce jusqu’à quelques minutes avant le coucher du soleil où elles diront explicitement qu’elles acceptent le chabbat.

Et les hommes ?

Seules les femmes peuvent accepter le chabbat par l’allumage.

Un homme, même dans le cas où il récite la berakha, ne reçoit le chabbat qu’en récitant « Boi Kala Boi Kala » et « Mizmor chir leyom Ha-Chabbat ».

 

Bénédiction sur l’allumage

Avant d’allumer les nerot de chabbat (ou après en fonction des habitudes de chacun), on récite la berakha suivante :

  • ברוך אתה ה’ אלקינו מלך העולם אשר קדשנו במצותיו וצונו להדליק נר של שבת
  • Baroukh ata Ado-naï, Elo-hènou, melekh ha‑olam, asher kideshanou bemitzvotav, vètzivanou lehadlik ner shel chabbat.
  • Béni Tu es, Hachem, notre D. Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as prescrit d’allumer la lumière du chabbat.


On ne doit pas modifier le texte de la berakha qui a été institué et rajouter le mot « kodesh« . En effet, conclure la berakha par « lehadlik ner shel chabbat kodesh » est principalement une tradition ‘Habad (Loubavitch). Mais à posteriori, si on se trompe, on n’a pas besoin de recommencer la berakha !

Une femme, lors de son premier chabbat en tant que mariée (chabbat ‘hatan), n’a pas besoin de réciter la bénédiction supplémentaire de Chéhé’héyanou lors de son premier allumage. En effet, lorsqu’on fait une nouvelle mitsva dans l’année, on récite la berakha de Chéhé’héyanou si cette mitsva est reconduite chaque année (ex : la bénédiction est récitée pour la première bougie de hanouka et ce chaque année…).

 

Quand allumer les bougies de Chabbat

On ne peut allumer les nerot de Chabbat qu’à partir du Plag Hamin’ha (soit 1h ¼ d’heure proportionnelle* avant la sortie des étoiles). Allumer plus tôt n’est pas permis car il fait encore grand jour et on n’aurait pas l’impression d’allumer ces lumières en l’honneur du Chabbat. Si on a allumé si tôt, la berakha sera donc considérée en vain et il faudra recommencer l’allumage avec berakha après le Plag Hamin’ha.

*Définition : Shaa Zmanit : heure proportionnelle
Le laps de temps qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil représente la période éclairée par la lumière directe du jour. Cette période est fractionnée en douze portions d'égale durée : les heures proportionnelles, elles-mêmes contenant soixante minutes d'égale durée.
Ainsi, en hiver, la durée du jour est plus courte, l'heure zmanit est plus courte que l'heure fixe de la montre. A l'inverse en été, l'heure proportionnelle est plus longue que l'heure de la montre.
Source : www.calj.net

Il est possible d’allumer dans les minutes qui suivent le Plag Hamin’ha. En revanche, pour les personnes, qui n’ont pas l’habitude de recevoir le Chabbat par l’allumant, sont dans ce cas obligées de recevoir Chabbat en allumant.

Il faut être particulièrement vigilant en été en France, où on fait rentrer Chabbat juste après le Plag Hamin’ha, afin de pouvoir manger à une heure convenable, à ne pas allumer avant le Plag Hamin’ha.

Tossefet Chabbat

Nous avons l’obligation d’accueillir chabbat quelques minutes avant le coucher du soleil et de retarder la fin de chabbat de quelques minutes apres la sortie des etoiles pour rajouter du kodesh au ‘hol (ces minutes sont prises en compte dans les calendriers). Ce rajout est appelé « tossefet chabbat ».

D’apres le Yalkout Yossef, l’heure où il convient donc d’allumer les nerot de chabbat se situe à peu près 20 minutes avant le coucher du soleil. Les calendriers actuels tiennent compte de 18 minutes.

Le Ben Ich ‘Hai nous rapporte que le mieux est d’allumer 30 minutes avant le coucher du soleil.

En cas de retard

En cas de besoin, on peut allumer les bougies de chabbat seulement 10 minutes avant la chekia (= le coucher du soleil), soit retarder de 8 minutes l’heure indiquée sur les calendriers.

En dernier recours, si on dépasse ces dix minutes, on peut allumer avec berakha à condition d’être absolument certain que le soleil ne s’est pas encore couché (montre à l’heure, etc…). Mais si on n’en est pas certain, il ne faut pas risquer de transgresser chabbat et on préférera donc s’abstenir d’allumer. Il est évident qu’allumer moins de 10 minutes avant la chekia ne peut se faire qu’à titre exceptionnel, il est important de garder quelques minutes à réserver pour Chabbat.

 

Où allumer les bougies de chabbat ?

C’est une mitsva d’allumer les nerot de chabbat à coté de la table où l’on va prendre le repas afin de profiter de leurs lumières pour faire le kiddoush et manger. Mais si on est dérangé à l’intérieur par la chaleur, des insectes…, on pourra prendre le repas sur la terrasse car on allume les bougies de chabbat pour se réjouir et non pour s’affliger.

Il faut allumer les nerot de chabbat à l’endroit où elles vont rester et non les allumer à un endroit et les déplacer ensuite.

En revanche, si la maitresse de maison est alitée, on pourra lui apporter les nerot à coté de son lit pour qu’elle puisse les allumer puis on les ramera à l’endroit où elles resteront durant chabbat.

 

Qu’utiliser pour allumer les nerot de chabbat ?

Il est recommandé d’allumer les nerot de chabbat avec de l’huile d’olive. Si on n’a pas d’huile d’olive, on se sert d’autres huiles. Et si on n’a pas d’huile, on utilisera des bougies de cire.

Il faut veiller à ne pas allumer les nerot en flambeau (plusieurs mèches pour une seule flamme) et donc de bien espacer les mèches. En effet, certaines personnes ont l’habitude d’allumer plusieurs veilleuses dans le même récipient ou de prendre des bougies qui ont plus d’une mèche.

Si une bougie s’est éteinte avant d’être complètement consumée, on a le droit de se servir de cette bougie après chabbat pour un usage quelconque. De même, s’il reste de l’huile.

 

Comment allumer les bougies de chabbat ?

Lorsqu’on allume, il faut que la majeure partie de la mèche visible prenne feu de façon à ce que la flamme s’élève bien haut d’elle-même dès qu’on retire l’allumette. Il est donc conseillé d’orienter l’allumette vers le bas de la mèche.

Il convient, à priori, de se vêtir de ses vêtements de Chabbat avant d’allumer les nerot de chabbat. Mais s’il est tard et qu’on risque de laisser passer le temps de l’allumage en s’habillant d’abord, il faut d’abord allumer puis ensuite se revêtir des vêtements de Chabbat.

C’est une belle coutume de donner de l’argent à la tsédaka avant l’allumage des nerot de chabbat.

 

En cas d’oubli

Si une femme a oublié d’allumer les nerot de chabbat et que son mari ne l’a pas fait non plus, d’après certains décisionnaires, elle devra allumer une lumière supplémentaire tous les chabbatot suivants. Cependant de nos jours, où nos pièces sont éclairées par l’électricité, elle pourra continuer à allumer le même nombre de lumières qu’elle allumait auparavant.

Si une femme s’est volontairement abstenue d’allumer les nerot de chabbat, elle devra allumer une lumière supplémentaire les chabbatot suivants. Cependant, si elle regrette sincèrement sa conduite et souhaite observer les mitsvot scrupuleusement, elle n’est pas soumise à cette « sanction » d’allumer une lumière supplémentaire.

 

 

Sources : Guemara page 23 + 25 | Choulkhan Aroukh, Chapitre 263 – ש’’ע סימן רסג | Yalkout Yossef – Chabbat : Allumage des lumières du Chabbat –  ילקוט יוסף – שבת : הלכות הדלקת נרות שבת – Bénédiction sur l’allumage – שבת : ברכת ההדלקה | Yalkout Yossef – Chabbat : Qui a l’obligation d’allumer – ילקוט יוסף – שבת : החייבים בהדלקה | Yalkout Yossef – Chabbat : Lieu de l’allumage – ילקוט יוסף – שבת : מקום ההדלקה | Yalkout Yossef – Chabbat : Qu’utilise-t-on pour l’allumage ? – ילקוט יוסף – שבת : במה מדליקין | Ben Ich ‘Hai Parachat Noa’h

 

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