11e melakha interdite le Chabbat – Blanchir (Melaben)

Travaux interdits Chabbat – 11e Melakha : Blanchir (Melaben)

Blanchiment de la laine

Celui qui lave de la laine le Chabbath transgresse une interdiction de la Torah pour avoir enfreint le av mélakha de « blanchir » ; en effet, en lavant la laine, il la blanchit et la nettoie. (‘Hazon ‘Ovadia T.2, p.72)

Laver un vêtement

Celui qui lave un vêtement le Chabbath avec de l’eau ou bien le nettoie en le frottant ou en mettant du talc ou toute autre chose, transgresse une interdiction de la Torah pour avoir enfreint la tolada de « blanchir ». Mais il est permis de le nettoyer avec un chiffon sec ou en passant la main, et cela sans frotter. (Yalkout Yossef T.2, p.72)

Il n’est pas autorisé de mettre de l’eau sur un habit afin de le nettoyer même si on ne le frotte pas, en raison de la règle qui dit « tremper, c’est laver », c’est-à-dire que le trempage est considéré comme un lavage. (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm Chap.302, §9)

Essorer un vêtement

Celui qui essore un habit mouillé transgresse une tolada de « blanchir » car l’essorage fait partie intégrante du processus de lavage. (Yalkout Yossef T.2, p.63)

Beaucoup d’eau

Un vêtement qui est tombé dans beaucoup d’eau est mouktsé (usage interdit le Chabbath) et par conséquent ne peut être transporté de peur qu’on ne l’essore. Néanmoins, il sera permis à deux personnes ou plus de le prendre avec précaution car chacun mettra en garde l’autre de ne pas transgresser l’interdiction d’essorer. (Yalkout Yossef T.2, p.64)

Les autres boissons

Un vêtement qui a été mouillé, même beaucoup, par d’autres boissons, peut être transporté. En effet, on ne craint pas que la personne en arrive à l’essorer du fait, d’une part, que c’est inhabituel de le faire avec d’autres boissons et d’autre part, si on le faisait malgré tout, le vêtement resterait sale. (Yalkout Yossef T.2, p.74)

Pluie bénie

Celui qui marche sous la pluie et dont le manteau est très mouillé, peut continuer à avancer ; on ne craint pas qu’il l’essore car ce n’est pas l’habitude de faire ainsi. Mais quand il l’aura enlevé, il ne le remettra pas s’il possède un autre manteau. (Yalkout Yossef T.2, p.64)

Corde à linge

Il est interdit de pendre sur une corde à linge un vêtement qui s’est mouillé de quelque façon que ce soit, afin qu’il sèche, à cause du marit ayïn (mauvaise interprétation des autres), c’est-à-dire que les autres personnes pourraient le suspecter d’avoir lavé le linge le Chabbath. Il est même défendu de le pendre à l’abri des regards, par exemple dans la salle de bains, car toute chose que les Sages ont interdite en raison de marit ayïn, ils l’ont interdite même au plus profond de la terre. Mais si l’on a accroché le linge avant le début du Chabbath, même à l’extérieur, on ne sera pas obligé de l’enlever. (Yalkout Yossef T.2, p.64-65)

Vêtements qui ont séché le Chabbath

Il sera permis de décrocher et d’utiliser des habits que l’on a étendus vendredi, même si, à l’entrée du Chabbath, ils étaient encore humides et qu’ils allaient sécher complètement pendant le Chabbath, ainsi que cela est expliqué dans les règles de mouktsé. (Yalkout Yossef T.2, p.69)

A proximité du chauffage

Il est défendu de poser un vêtement mouillé à côté d’un radiateur afin de le faire sécher si l’eau risque d’atteindre une température telle que hayad solédète bo (littéralement : que la main s’en écarte à cause de la chaleur) car on transgresserait l’interdiction de « cuire » ainsi que l’interdiction de « blanchir ». Mais si l’eau ne risque pas d’atteindre une température telle que hayad solédète bo parce qu’on a déposé l’habit suffisamment loin du chauffage, cela sera permis. Et si l’on ne transgresse pas l’interdiction de « cuire », on n’enfreint pas non plus celle de « blanchir » puisque le blanchiment serait peu efficace. (Yalkout Yossef T.3, p.137 ; Maguen Avraham 301 note 57 ; Ma’hatsit Hachekel)

Sur le dossier d’une chaise

On a le droit de mettre un habit mouillé ou une serviette sur le dossier d’une chaise pour qu’ils sèchent mais non pas sur plusieurs chaises juxtaposées car on aurait l’air de vouloir de les sécher. (Yalkout Yossef T.2, p.67)

Yéchivot kédouchot

Dans les établissements comme les Yéchivot, où les jeunes se sèchent très souvent les mains, si les serviettes paraissent vraiment sales, il est permis de les poser sur plusieurs chaises juxtaposées et même de les pendre sur des cordes à linge sans craindre que les gens pensent qu’on les a lavées le Chabbath. (Ben Ich ‘Haï, 2ème année paracha Vaye’hi)

Cependant, on évitera de se sécher les mains avec des serviettes qui ont été très utilisées de peur d’enfreindre l’interdiction d’essorer. Il faut aussi mettre en garde les responsables de changer les serviettes fréquemment, particulièrement le Chabbath, afin d’empêcher la transgression de cet interdit.

Fait descendre la rosée

Si de la rosée ou quelques gouttes d’eau sont tombées sur un habit « neuf » de couleur « noire » et qu’on veille à ne le mettre qu’après l’avoir secoué, on n’aura pas le droit de le secouer le Chabbath car cet acte est assimilé à celui de « laver ». Mais si on était habituellement prêt à le revêtir tel quel ou, au contraire, qu’on attache de l’importance au fait qu’il ne soit pas humide, si le vêtement n’est pas « neuf » ou bien n’est pas « noir », alors il sera permis de le secouer pour en faire tomber la rosée.

Nous voyons que secouer un vêtement humide le Chabbath n’est interdit que si les 3 conditions suivantes sont remplies :

  1. Habit neuf : habit que l’on ne met pas souvent de telle sorte qu’il semble neuf.
  2. Vêtement noir : et non pas d’autres couleurs, même foncées, comme le rouge.
    On veille à ne mettre l’habit mouillé qu’après l’avoir secoué. (Yalkout Yossef T.2, p.74)

Quelle est la raison pour laquelle les Sages n’interdisent de secouer un vêtement que s’il est neuf et noir ? Parce que ce n’est que dans ce cas-là que le fait de le secouer va faire retrouver à l’habit son bel aspect.

Par conséquent, lorsqu’on tient à ne mettre un vêtement qu’une fois débarrassé de la rosée, l’acte de secouer prend une importance comparable à celles de laver et de nettoyer. Par contre, s’il ne nous importe pas de revêtir l’habit tel quel, secouer le vêtement sera accessoire et donc permis car cet action ne sera pas assimilée à le laver et à l’embellir. (Michna Broura Chap.302, §2)

Fait tomber la pluie

Il sera interdit de secouer un vêtement « neuf » sur lequel il a plu et cela, quelle que soit sa couleur, car on tient apparemment à ce qu’il ne soit pas très mouillé. Mais s’il s’agit d’un habit ancien, même noir, on aura le droit de le secouer délicatement car on attache peu d’importance au fait qu’il soit mouillé. (Yalkout Yossef T.2, p.75)

Neige

S’il est tombé de la neige sur un vêtement et qu’elle n’a pas encore fondu, il sera permis de le secouer. Mais si la neige a fondu et que le vêtement est « neuf » et « noir », cela sera interdit. (Yalkout Yossef T.2, p.75)

Imperméable

Il sera permis de secouer avec force un imperméable fait de tissu synthétique pour en retirer la pluie car il n’absorbe pas l’eau et par suite, il n’y a aucune crainte qu’on en vienne à l’essorer. (‘Hazon ‘Ovadia, note T.3, p.223)

Poussière

On a le droit de secouer un habit sali par de la poussière même s’il est « neuf », « noir » et que l’on veille à ne le revêtir que s’il est propre. On peut aussi le nettoyer avec une brosse ; les juifs achkénazes suivent l’opinion du Rama qui préconise de se montrer plus strict à ce sujet. C’est pourquoi on fera attention de ne pas salir ses vêtements. (Choul’han ‘Aroukh et Rama 302, §2, Biour Halakha ; ‘Hazon ‘Ovadia, note T.3, p.224)

Frotter les habits

Et il faut savoir que s’il est autorisé d’enlever la poussière en secouant l’habit, il sera interdit de frotter la partie extérieure car cela ressemble à l’acte de « blanchir ». Par contre, on pourra frotter l’un sur l’autre l’envers de l’habit ou racler le vêtement avec l’ongle, même le côté sali, car ces procédés ne s’apparentent pas à blanchir en raison du fait que le vêtement ne semblera pas tout à fait propre. (‘Hazon ‘Ovadia, note T.3, p.226)

Vêtement sali par des aliments

Si un peu de nourriture s’est collé sur un vêtement « neuf » et « noir » dont il nous importe qu’il soit propre, on n’aura pas le droit d’enlever la saleté mais on pourra la gratter avec l’ongle de telle sorte qu’une tache reste apparente. (Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm Chap.302, voir Biour Halakha)

Cuir

Il est permis de nettoyer un vêtement ou des chaussures de cuir avec de l’eau à condition de ne pas les frotter. La raison est que la règle « tremper, c’est laver » ne concerne que le tissu et non pas le cuir. (‘Hazon ‘Ovadia T.3, p.366)

Il est permis d’enlever la poussière des chaussures avec la main ou avec un chiffon sec. (Choul’han Arouk, Ora’h ‘Haïm Chap.302, §9 ; Yalkout Yossef T.2, p.78)

Biberon

Il est permis de nettoyer la tétine d’un biberon mais non pas de frotter les parois.

Nappe en plastique

De même, il sera autorisé de laver une nappe en plastique mais non pas de frotter une partie sur l’autre. (Yalkout Yossef T.2, p.87)

Table

S’il tombe de la boisson sur la table, on pourra poser délicatement un chiffon sur le liquide afin de l’absorber en veillant à ne pas essorer le chiffon. (Yalkout Yossef T.2, p.87)

Balai caoutchouc

Il est autorisé de jeter un peu d’eau sur une table sale et de rassembler l’eau avec une raclette. Par contre, il ne sera permis de nettoyer le sol de cette manière que dans le cas de grande nécessité comme un événement familial et que le plancher s’est beaucoup sali ; on pourra verser un peu d’eau et l’ôter avec un balai caoutchouc. (Michna Broura Chap.302, §41 ; Yalkout Yossef T.2, p.88)

Nettoyage des lunettes

On peut nettoyer ses lunettes en les mouillant et en les séchant avec un tissu sec. (Yalkout Yossef T.2, p.88)

Essorage des cheveux

Celui qui se trempe dans un mikvé ou qui se baigne (les séfarades peuvent se baigner dans de l’eau froide) fera attention de se sécher doucement afin de ne pas essorer ses cheveux. (Yalkout Yossef T.2, p.89)

Pliage du Talith

Il est autorisé de plier son Talith (châle de prière) mais non pas suivant les plis originaux. Ceux qui ont l’habitude de plier selon les plis originaux suivent l’avis de décisionnaires qui le permettent. (‘Hazon ‘Ovadia, note T.3, p.227)

Source : « Lois & Récits de Chabbath » aux Editions Torah-Box